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Une hausse de taxes ponctuelle pour financer le SRB à Québec?

Un expert des transports raconte l’expérience de la région de Waterloo, en Ontario

Darshpreet S. Bhatti, directeur du projet ION Rapid Transit
Photo Jean-François Desgagnés Darshpreet S. Bhatti, directeur du projet ION Rapid Transit

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L’agglomération ontarienne de Waterloo, qui a inauguré la première phase de son réseau de service rapide par bus (SRB) et de système léger sur rail (SLR) en 2015, a convaincu la population de financer une partie du projet par une augmentation des taxes foncières de 1,2 % par an pendant sept ans.

De passage à Québec vendredi, Darshpreet S. Bhatti, le directeur du projet ION Rapid Transit, a insisté sur la clé du succès d’un tel projet: l’acceptabilité sociale.

«Ça n’a pas été facile [de faire accepter ça aux gens]. Nous avons commencé à travailler là-dessus en 2006 et il a été approuvé en 2012. Ça nous a pris six ans», a-t-il raconté lors d’une conférence au Musée de la civilisation, dans le cadre de la campagne J’EMBARQUE (autrefois la Semaine des transports collectifs), accompagné d’experts d’Ottawa et de Calgary.

La région de Waterloo – qui comprend aussi les villes de Kitchener et de Cambridge – compte un peu plus de 500 000 habitants. Elle a décidé de se doter d’un service rapide par bus, comme Québec. Ce dernier sera toutefois remplacé rapidement par un train léger sur rail, déjà en construction. Le projet est évalué à 818 M$ (en excluant les frais d’exploitation). La part de Waterloo et de ses voisines s’élève à 253 M$. La hausse de taxes moyenne liée au projet représentera 11 $ par contribuable.

«Il fallait s’assurer d’avoir le public derrière nous, mais ça a pris du temps. La communication est primordiale», a-t-il exposé. Des bureaux ont été ouverts sept jours sur sept pour permettre aux gens de venir poser leurs questions en personne aux autorités. «Ça nous a coûté beaucoup d’argent, mais ça a été utile. On a été très transparents. L’écart entre le SRB et le SLR était si mince que ça avait du sens de se lancer tout de suite dans un SLR.»

Labeaume est «dans le champ»

La conférence a donné des munitions à la conseillère de Démocratie Québec Anne Guérette. «Ce qu’on constate, c’est que le maire Labeaume est dans le champ avec son projet. Il n’a rien compris. Il est en retard et tout va être à recommencer parce qu’on n’est pas partis sur de bonnes fondations. Ça prend de la transparence, de la consultation et, par la suite, on établira la colonne vertébrale d’un plan.»