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L’odyssée... de KROY

En critiques cette semaine: Usher, Pour l'amour du country, A Tribe Called Red, O Linea...et KROY!

L’odyssée... de KROY

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KROY - Scavenger

★★★★

Non contente de surprendre critique et public avec Milk & Bone, le duo électro pop qu’elle mène en compagnie de Laurence Lafond-Beaulne, Camille Poliquin en rajoute cette semaine avec Scavenger, un premier album étonnant de son projet solo KROY.

Bien que KROY se risque dans un genre déjà surpeuplé localement – appelons la tendance «pop électro spleenesque» pour le besoin de l’exercice –, celle-ci se distingue autant par sa direction musicale aventureuse que par son interprétation relevée.

Se distinguer du lot

Musicalement, Poliquin et ses sbires glanent à gauche et à droite pour le plus grand bonheur des mélomanes. On y retrouve des références trip hop (Days, un morceau de bravoure), voire des clins d’œil au dub (sur Hull, la pièce ouvrant l’œuvre) et même au chiptune (en finale de River, par exemple). Mieux encore, le tout demeure homogène, ancré dans une direction artistique pointue. Le clientélisme, très peu pour KROY, donc.

Bref, on s’entend qu’on va beaucoup plus loin que la pop à saveur électro du moment, mais il faut bien étiqueter le LP pour les boutiques en ligne et les disquaires, alors...

De l'importance du jeu

Derrière son micro, la chanteuse et musicienne est tout aussi polyvalente... et dangereuse.

Alors que plusieurs de ses congénères s’en tiennent qu’à un artifice ou deux (généralement: une belle voix suave ou blasée), Poliquin se fait carrément ondoyante, s’emparant des auditeurs.

Développons sur Hull où l’interprète se fait mélancolique jusqu’à une finale où elle lance ses dernières strophes avec un désespoir inattendu. Mine de rien, on se laisse prendre au jeu, tel Ulysse attaché à son mât et les sirènes. Et ça, ce n’est que la première pièce!

En résumé: une grande leçon de pop!


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Usher - Hard II Love

★★★ ½

Après des années d’expérimentations et, surtout, de coups d’épée dans l’eau, le crooner R&B revient à la source et – vous l’aurez deviné – aux critiques positives.

Plutôt que de redouter sa compétition (Frank Ocean et The Weeknd, notamment), Usher s’inspire des tendances actuelles sans y laisser son âme. Bref, on a droit ici à Usher 2.0, revu et amélioré.

Sans être l’album du siècle, Hard II Love demeure une œuvre pop très pertinente.


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Artistes variés - Pour l’amour du country: Hommage aux pionniers

★★

Tout d’abord, les fleurs...

Le collectif – réunissant plusieurs grosses pointures allant du regretté Georges Hamel à la sensation Guylaine Tanguay – qu’on a assemblé sur cette compilation a des nerfs d’adamantium pour se frotter à des classiques, voire des ­cantiques, du domaine.

Puis, le pot...

Peu de ces reprises amènent quelque chose de neuf aux versions originales. Dommage.


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O Linea - O Linea

★★★

Pow! Et de cinq pour le combo local qui souligne ce fait d’armes avec une œuvre homonyme bien ancrée... et qui pourrait diviser ses fans.

Ainsi, ceux qui appréciaient le côté survolté de la troupe – voire les échos à Rise Against – sur Distractions (2013) et La bête de l’homme (2010) pourraient être désarçonnés par cette direction moins «empirique», mettons!

Ceci étant dit, O Linea livre un album satisfaisant, mais surtout soutenu et sans temps mort.


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Coup de coeur: A Tribe Called Red - We Are the Halluci Nation

★★★★ ½

Rares sont les projets engagés qui demeurent excitants au fil des années.

Ce trio powwow-step, lui, innove encore et toujours avec une troisième œuvre qui repose sur un concept rassembleur et audacieux: se joindre à une nation globale, inclusive et respectueuse.

La musique, elle, est électrisante et imprévisible; le combo de DJs se faisant aussi explosif (R.E.D. en témoigne) que planant (Eanan, par exemple).

Bien joué!