/entertainment/stage
Navigation

Paroles-chocs et perte de repères

Doggy dans gravel dresse avec ironie un portrait de l’adolescence d’aujourd’hui

Doggy dans gravel
Photo courtoisie Cath Langlois Doggy dans gravel est une rencontre entre un groupe de scouts qui veulent «frencher» et qui s’infiltrent dans un après-bal fortement alcoolisé.

Coup d'oeil sur cet article

Provocation, excès, exercice de style et autodérision décuplée «au cube», Doggy dans gravel est une prise de parole puissante sur une jeunesse en perte de repères.

Le Théâtre Kata présente jusqu’à samedi, à Premier Acte, un électrochoc saisissant portant sur la génération Yolo (You Only Live Once).

Une pièce de deux heures qui décoiffe solidement. Une œuvre de tous les excès, avec une langue brute et particulièrement vulgaire par moments.

Doggy dans gravel n’est pas encore commencée que le ton est mis en place. Le comédien, Dayne Simard, dessine une maison sur le sol pendant que les spectateurs se dirigent vers leurs sièges. En couche, tel un bébé, il se met à hurler lorsque l’air techno qui joue s’arrête. Et il redevient calme et rigole lorsque la musique repart, incapable d’assumer une seule fraction de seconde de silence.

Une séquence qui colle bien aux réalités d’aujourd’hui, avec cette impression d’avancer dans le vide si un de nos sens n’est pas sollicité par de la musique, une pitrerie sur YouTube ou par un quelconque Facebook.

Doggy dans gravel est une rencontre-choc entre un groupe de scouts, dont l’objectif ultime est de pouvoir «frencher», et trois filles délurées et vulgaires qui semblent sortir d’une clinquante téléréalité, quelque part, dans le bois, lors d’un après-bal des finissants.

Mise en scène vivante

L’auteur et metteur en scène Olivier Arteau brosse avec efficacité et énormément d’ironie le portrait d’une génération superficielle et insensible à toute la violence et aux excès que l’on peut voir en deux clics sur YouTube.

Les 11 comédiens excellent dans une forme éclatée où ça bouge, ça danse, ça chante et où les textes sont parfois livrés à 200 km/h. Vincent Roy et Ariel Charest sont solides dans des numéros de rap superbement livrés.

La mise en scène est vivante, ultra-dynamique et très éclatée, accentuée par des effets visuels intéressants.

Avec ses deux heures, Doggy dans gravel devient un peu répétitif. On appuie un peu trop fort sur le crayon, surtout avec une langue crue qui tombe un peu trop dans la vulgarité. C’est très, et trop, juvénile par moments.

Au-delà de ces excès et d’une certaine répétition dans le message livré avec autodérision, la création d’Olivier Arteau est artistiquement réussie et efficace.