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Une jeune cycliste trahie par son âge

Simone Boilard
COURTOISIE PAUL J. COFFIN Simone Boilard demeurera chez elle plutôt que de s'illustrer sur les routes de Doha aux Championnats du monde juniors parce qu'elle est trop jeune.

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Trop jeune pour participer aux Championnats du monde juniors sur route malgré sa domination aux sélections nationales, Simone Boilard devra se contenter de suivre les performances de ses compatriotes à distance pendant la durée de la compétition, du 9 au 16 octobre, au Qatar.

À 15 ans, la cycliste de Québec a épaté la galerie durant l’été aux championnats canadiens, raflant trois médailles en autant de courses, dont celle d’or au contre-la-montre, après avoir été surclassée de la catégorie cadet II. Si ses résultats lui ont valu la première place au classement cumulatif qui aurait dû lui donner son billet pour le Moyen-Orient, elle a vite dû se résigner à abandonner le projet.

Le règlement de l’Union cycliste internationale (UCI) stipule que les coureurs juniors qui participent aux Championnats du monde doivent être âgés de 17 et 18 ans pendant l’année. Pour Simone, qui a célébré son 16e anniversaire de naissance depuis, elle devra donc attendre l’an prochain avant de pouvoir se frotter aux meilleurs cyclistes de sa catégorie d’âge.

«J’aurais aimé ça et je me serais sentie capable d’y aller, avoue-t-elle. Je comprends que c’est un sport où la maturité est importante et que les bons cyclistes sont plus vieux, mais je me serais sentie très apte à y aller. Je comprends que c’est un règlement instauré depuis quelques années, mais j’aurais aimé y aller.»

Étape par étape

Cycliste Canada rappelle qu’elle n’a pas le choix de se plier à la réglementation de l’UCI et qu’il est inutile de sauter des étapes dans le cas de la jeune Simone.

«Malheureusement, il n’y a pas de dérogation au niveau de l’UCI, a répondu le directeur de la haute performance chez Cycliste Canada, Jacques Landry. Ce n’est pas ça qui va limiter sa progression. On reconnaît le talent de l’athlète, mais on veut s’assurer que sa progression soit graduelle.»

Et c’est pourquoi que l’organisme national lui donnera les outils pour réussir. Mais pas en changeant les règles du jeu. «Il y a plus d’expérience à acquérir dans des camps préparatoires qu’aux Championnats juniors. Simone a le temps [...] On est là pour aider», a renchéri M. Landry.

Oleksiak comme inspiration

Les quatre médailles remportées par la nageuse de 16 ans, Penny Oleksiak, aux Jeux de Rio ont insufflé une dose de motivation supplémentaire à la cycliste pour obtenir sa place sur l’équipe canadienne.

«Quand je suis allée aux championnats canadiens, le contre-la-montre était ma première course à vie chez les juniors. J’y allais pour le fun. Elle (Penny) est une fille de mon âge et elle performe. J’irais aux Mondiaux dans le même esprit qu’aux Canadiens.»