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Plus d’accusations contre les policiers provinciaux, dit le syndicat

Il dénonce la façon de faire du Directeur des poursuites criminelles et pénales

FD-ACCIDENT-LONGUEUIL
Photo d’archives Sylvain Denis En février 2014, un enfant de 5 ans est mort quand un policier au volant d’une voiture banalisée de la Sûreté du Québec a happé de plein fouet ce véhicule gris à l’angle des boulevards Gaétan-Boucher et Davis, à Longueuil.

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Le syndicat des policières et policiers provinciaux du Québec accuse le Directeur des poursuites criminelles et pénales d’être plus enclin qu’avant à déposer des accusations criminelles contre les policiers impliqués dans des accidents de la route.

Le 13 février 2014, un accident impliquant un policier de la Sûreté du Québec a coûté la vie à un jeune garçon de 5 ans à Longueuil. L’agent roulait 122 km/h dans une zone de 50 km/h au volant d’une voiture semi-banalisée.

Après une enquête de neuf mois menée par la police de Montréal, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait décidé de ne pas porter d’accusations contre l’agent Patrick Ouellet.

Mais le gouvernement avait ensuite demandé au DPCP une révision d’enquête. Il s’agissait d’une première au Québec. Le policier a finalement été accusé le 25 mai 2015.

«Depuis cet événement [l’accusation], les procureurs paraissent plus [réticents à] prendre des décisions [dans les cas de policiers impliqués dans des accidents] et semblent préférer porter des accusations criminelles et transmettre le dossier à un juge», a indiqué au Journal le président de l’Association des policières et policiers du Québec (APPQ), Pierre Veilleux.

Balises demandées

«Malheureusement, dans notre société et dans ce domaine en particulier, les accidents n’existent plus, il n’y a que des responsables éventuels qu’il faut à tout prix punir criminellement», peut-on lire dans une lettre ouverte signée par M. Veilleux.

<b>Pierre Veilleux</b><br>
<i>Président</i>
Photo courtoisie
Pierre Veilleux
Président

Le président de l’APPQ souhaite que les ministères de la Sécurité publique, de la Justice et des Transports, tout comme l’ensemble des organisations policières d’ailleurs, entament une réflexion concernant les risques de la conduite d’urgence qui sont, selon lui, bien réels.

Selon Me Jean Pascal Boucher, porte-parole du DPCP, la façon de procéder des procureurs n’a pas changé. Il ajoute que leur travail reste le même, soit de traiter la loi et le droit en vigueur.

Il assure que chaque dossier est étudié et évalué au mérite, que des policiers soient impliqués ou non.

Décision impartiale

«Les procureurs doivent étudier les dossiers à l’abri de toute pression politique et sans céder à la pression médiatique ou populaire, quelle qu’elle soit. Ils doivent prendre une décision éclairée, objective, impartiale, en toute sérénité», a soutenu Me Boucher.

Le syndicat recommande à tous les policiers de la SQ une très grande prudence lorsqu’ils répondent aux appels d’urgence.

Il leur demande de respecter la limite de vitesse et l’ensemble de la signalisation dont fait état le Code de la sécurité routière.


♦ Notons que, depuis le 15 septembre 2016, les 200 véhicules semi-banalisés, semi-identifiés et monochromes de la SQ ont été retirés des routes du Québec pour la sécurité des policiers et des citoyens.

Agents accusés de conduite dangereuse causant la mort

Isabelle Morin

Policière de la Ville de Québec, accusée de conduite dangereuse causant la mort.

Collision mortelle survenue le 10 septembre 2015 à Québec.


Maxime Gobeil

Policier à la SQ, accusé de conduite dangereuse causant la mort.

Collision mortelle survenue le 18 juillet 2015 à Dolbeau-Mistassini.


Simon Beaulieu

Policier de la Ville de Québec, accusé de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort.

Collision mortelle survenue le 3 septembre 2014 à Québec.


Patrick Ouellet

Policier à la SQ, accusé de conduite dangereuse causant la mort.

Collision mortelle survenue le 13 février 2014 à Longueuil.