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Gloucester : délire déjanté

Gloucester est une parodie de l’univers shakespearien

Gloucester
Photo courtoisie Nicola-Frank Vachon Gloucester est une parodie totalement folle sur les scènes et les personnages mythiques de Shakespeare qui met en vedette 10 comédiens, dont Simon Boudreault, qui interprètent, avec brio, 75 personnages.

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Une parodie immense, des comédiens qui prennent leur pied et de la folie au cube, Gloucester est une incursion réussie et totalement déjantée dans l’univers de William Shakespeare.

Les auteurs Simon Boudreault et Jean-Guy Legault et la metteure en scène Marie-Josée Bastien se sont royalement payé la traite avec ce délire shakespearien présenté jusqu’au 15 octobre au théâtre La Bordée.

Grands amateurs de l’œuvre du dramaturge anglais, Simon Boudreault et Jean-Guy Legault ont créé un récit historique à partir des personnages et des scènes mythiques de Shakespeare.

Intégrations savoureuses

Une création qui va dans toutes les directions, avec des clins d’œil à Hamlet, Roméo et Juliette, La tempête, Le roi Lear, Richard III et le terrifiant et damné Macbeth.

À la suite d’une victoire sanglante sur l’Écosse, Édouard, le roi d’Angleterre, décide de répartir les terres conquises entre son épouse Goneril et ses généraux Gloucester et York.

La reine, qui s’attendait à obtenir la mainmise totale, horizontale et verticale, sur ces terres, décide de se venger. Elle met en place, avec la complicité d’Edmond, un des fils bâtards d’Édouard, un plan visant à semer la discorde entre les deux généraux.

On sent dès les premières minutes de la conquête de l’Écosse, avec un combat tout à fait désordonné, que la dérision sera à l’honneur. Gloucester ne s’adresse pas aux puristes de Shakespeare qui n’ont pas le sens de l’humour.

Création réussie

Cette création est une grande folie qui part dans toutes les directions et qui se termine dans une finale typiquement shakespearienne.

C’est un peu n’importe quoi, par moments, mais les décalages, l’audace des auteurs, les répliques incongrues et l’habile intégration de segments de comédie musicale, de marionnettes, de danses haka et irlandaises sont savoureux. On sent que les comédiens ont du plaisir et qu’ils ont certainement contribué à cette folie.

Simon Boudreault, Jean-Guy Legault et Érika Gagnon excellent dans les rôles de Gloucester, York et Goneril.

Alexandrine Warren, qui joue une Laevinia défigurée et démembrée, et Eloi Cousineau, tordant dans plusieurs de ses rôles, sortent aussi du lot. Les 10 comédiens de la distribution interprètent 75 personnages.

Avec ses 2 h 45, avec entracte, Gloucester s’étire un peu trop par moments. Il n’y a pas beaucoup de surplace, ce n’est pas redondant, mais c’est seulement un peu trop long.

Une petite demi-heure de moins et, avec cette audace et toute cette folie, Gloucester aurait mérité une note presque parfaite.


♦ Gloucester est présentée jusqu’au 15 octobre au théâtre La Bordée.