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La destinée du PQ dans les mains de Lisée

Le député de Rosemont coiffe Alexandre Cloutier après une remontée fulgurante

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Au terme d’une remontée fulgurante, Jean-François Lisée coiffe le favori Alexandre Cloutier au fil d’arrivée et devient le nouveau chef du Parti québécois.

Le scrutin s’annonçait serré, mais le député de Rosemont a remporté la mise dès le second tour, avec 50,63 % d’appuis des militants péquistes. Son principal rival Alexandre Cloutier a dû se contenter de 32 % des voix. Martine Ouellet termine troisième à 18 %, devant Paul Saint-Pierre Plamondon.

Après une campagne marquée par les divisions, Jean-François Lisée a tenu à se montrer rassembleur. Il a tendu la main aux candidats déchus, qui avaient la mine basse, et promis de défendre plusieurs de leurs idées. «Comme Jacques Parizeau, je veux être le chef du rassemblement».

Mais son discours de vainqueur a vite pris l’allure d’une attaque en règle contre Philippe Couillard et ses troupes. Seul candidat qui s’était engagé à ne pas tenir de référendum d’ici 2022, le nouveau leader souverainiste a prédit la chute des libéraux. «Les jours du gouvernement Couillard sont comptés!» a-t-il lancé aux quelques centaines de militants réunis à Lévis.

Main tendue

Selon lui, le PQ «sort revigoré de cette campagne. [...] On ne pouvait demander meilleure répétition générale pour préparer la prochaine victoire, celle des élections d’octobre 2018».

Vendredi soir, M. Lisée a également tendu la main aux électeurs caquistes, mais aussi aux partisans libéraux insatisfaits des troupes de Philippe Couillard. «Il n’y a pas de honte à avoir honte d’un gouvernement honteux!»

À Québec solidaire, il demande de faire cause commune avec le PQ pour vaincre le gouvernement libéral. «Trouvons ensemble le moyen d’additionner nos forces», a-t-il insisté.

Bien peu de gens auraient misé sur l’ancien conseiller de Lucien Bouchard et Jacques Parizeau en début de course. Parti loin derrière Alexandre Cloutier, Jean-François Lisée a frappé un grand coup lors du lancement de sa campagne au leadership en promettant de ne pas tenir de référendum dans le premier mandat d’un gouvernement péquiste.

Charkaoui

Le ton est monté entre les prétendants au trône péquiste, principalement sur la question identitaire et sur l’immigration. Jean-François Lisée a même associé son principal rival à l’imam controversé Adil Charkaoui, un geste qui aura finalement porté un coup dur à M. Cloutier, qui se présentait comme le candidat de l’ouverture.

Appuyé très tôt dans la course par une majorité des députés péquistes, Alexandre Cloutier a également dû se défendre d’être le candidat de l’establishment, qui aura finalement parié sur le mauvais cheval. C’est une cuisante défaite pour le Jeannois de 39 ans, qui avait terminé deuxième derrière Pierre Karl Péladeau lors de la dernière campagne au leadership.

 

QUI EST LE NOUVEAU CHEF DU PQ ?

  • Jean-François Lisée
  • Né à Thetford Mines le 13 février 1958 (58 ans)
  • Élu pour la première fois lors des élections générales de 2012 dans la circonscription de Rosemont
  • Ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur (2012 à 2014)
  • Auteur de plusieurs essais et ouvrages politiques
  • Directeur général et cofondateur du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (2004-2012)
  • Conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard (1994-1999)
  • Correspondant à Washington pour La Presse et L’actualité (1985-1989)

 

Derrière leur chef

«On a un chef, on va être derrière lui, on a un message clair des membres. Il connaît bien Québec, et il a insisté fortement et fermement (dans son discours), comme peu l’ont fait, sur la possibilité de regagner la Capitale-Nationale.» — Agnès Maltais, députée de Taschereau

«On va travailler ensemble, j’ai confiance dans la solidarité de l’équipe. Les députés connaissent bien M. Lisée.» — Sylvain Gaudreault, député de Jonquière

«Je sentais qu’à la fin c’était difficile d’arrêter la poussée de croissance de Jean-François, on sentait qu’il était sur une méchante erre d’aller, j’accepte ce résultat-là.» — François Gendron, député d’Abitibi-Ouest

«C’est un mandat très fort que Jean-François a. Il est capable de faire le rassemblement.» — Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia