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Des sentinelles pour briser l’isolement des aînés

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Photo d'archives Agence QMI

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Un regroupement d’organismes enverra des sentinelles jusque dans les McDo de Québec pour repérer les aînés qui vivent dans l’isolement, et ce, dans le but de «rallumer l’étincelle».

L’image est celle de Michèle Saint-Jacques, coordonnatrice au Centre d’action bénévole du Contrefort. Pas besoin de faire un dessin pour comprendre que la vie de certains aînés est «grisonnante». On estime qu’environ 15 % des 65 ans et plus vivent dans l’isolement, c’est-à-dire qu’ils ont trop peu ou de trop mauvais contacts avec les autres. Et cette triste situation aggrave un peu tout: mortalité augmentée, plus de risques de maladies cardiaques, de dépression, de déclin cognitif, etc., énumère un spécialiste de la chose, le Dr André Tourigny.

Quatre organismes se sont donc regroupés pour établir un plan de match. Le nouveau Collectif Aînés IS (isolement social) est né et a obtenu 1,6 million de dollars de la part du gouvernement fédéral, a annoncé mercredi le ministre Jean-Yves Duclos.

Pas sorteux

Pour les aider, il faudra les trouver. Le collectif enverra des sentinelles chez Tim, chez McDo, dans les centres commerciaux et les autres endroits fréquentés par les plus âgés. Et comme plusieurs d’entre eux, par définition, ne sont pas sorteux, on mettra dans le coup tous ceux qui ont l’habitude de cogner à leur porte: le livreur de la pharmacie, celui de la popote roulante, les bénévoles qui les transportent, etc. On fera aussi du porte-à-porte.

L’intervention commencera par une bonne jasette, histoire de développer un lien de confiance et de trouver ce qui ne va pas. Si un besoin se fait sentir, on accompagnera la personne et la dirigera vers les ressources appropriées.

Vers Accès transports viables, par exemple, qui organisera des marches dans les quartiers et tâchera de mieux faire connaître le service de transport en commun.

Liens entre voisins

Ou vers Villes et villages en santé. L’organisme essaie de développer plus de liens entre voisins en favorisant l’échange de services. Certains aînés seraient peut-être très heureux de garder des enfants de temps en temps, de faire de l’aide aux devoirs ou encore d’avoir un ami dans le quartier pour faire une petite promenade de santé trois fois par semaine.

Le Centre du Contrefort proposera toutes sortes d’activités et d’ateliers: sorties à la cabane à sucre, tricot, cuisine, etc. Il encadrera aussi ceux qui ont envie de s’impliquer comme bénévoles. Par exemple, le simple fait de ramasser les feuilles à l’automne rend un grand service et permet de se faire valoir.

Le projet, sur trois ans, est coordonné par l’Institut sur le vieillissement et la participation sociale des aînés de l’Université Laval. Ses effets seront mesurés précisément à terme.