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Un comité d’accueil pour une manif anti-islam radical

Malgré des échanges verbaux musclés, l’événement a eu lieu sans violence

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La cinquantaine de participants à une manifestation anti-islam radical a trouvé sur son chemin un groupe de militants antifascistes, hier, devant le Parlement de Québec. Les deux groupes se sont échangés de gros mots et des doigts d’honneur, sans en venir aux coups.

La police de Québec séparait les deux groupes, de sorte que la seule violence a été verbale.

Interrogés individuellement avant la marche, les manifestants des Justiciers du peuple, de La Meute ou encore des Soldiers of Odin, n’ont pas versé dans l’extrême.

Suzanne Bégin et Guillaume Desbiens, par exemple, s’opposent à tout accommodement raisonnable. «On veut que nos droits soient respectés, priorisés, on ne veut pas vivre la doctrine des autres.» Jonathan, lui, veut que l’État devienne 100 % laïque. D’autres ont parlé de valeurs de démocratie et d’égalité.

Slogans racistes

Mais la rectitude politique a pris le bord pendant la marche avec plusieurs slogans, affiches et propos racistes. «Islam, assassin!» a été scandé à plusieurs reprises sous les applaudissements. «L’islam n’a pas sa place au Québec et il n’a sa place nulle part.» D’autres militants ont érigé une grande banderole sur les remparts: «Terroristes à mort,

islam dehors.

Les propos d’un des responsables de PEGIDA Québec, Sébastien, ne font pas dans la dentelle. Les musulmans, dit-il, «on veut les sortir du pays. L’islam ne devrait pas exister en Occident». Selon lui, «un musulman modéré n’en est pas un».

Les manifestants ont eu droit à des doigts d’honneur de la part de militants antifascistes comme Steve. «Ils sont islamophobes, homophobes, ils pensent que l’islam envahit le Québec, c’est taré, c’est raciste.»

« Grosse vache ! »

Alors que les militants opposés à l’islam radical se prétendent à la défense de l’égalité hommes femmes, une femme voilée qui s’est présentée à la manifestation s’est fait traiter de «grosse vache», déplore Cora LeMoyne, une musulmane convertie.

«C’est un gros paquet d’ignorance qui est propagé», déplore-t-elle. Les manifestants anti-islam «détestent ce qui est différent et aiment haïr» les autres, dit celle qui ne toucherait pas «avec une perche de 30 pieds» à tout ce qui pourrait être radical.