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Un retour froidement accueilli

Un retour froidement accueilli
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Maria Sharapova n’a jamais été la joueuse la plus appréciée dans les vestiaires de la WTA et il serait étonnant que son indice de popularité ait grimpé quand elle y mettra à nouveau les pieds en avril prochain.

En fait, autant Sharapova est une figure adorée du grand public, autant elle traîne sur le circuit une réputation d’athlète antisociale. Selon la rumeur, lorsqu’elle entre dans le salon des joueurs, les conversations s’arrêtent net.

Il y a quelques années, la Russe avait elle-même dit ne pas avoir d’amies dans la WTA. Nick Bollettieri racontait récemment au Guardian que lorsqu’elle était enfant, elle parlait peu aux autres jeunes joueuses qui s’entraînaient avec elle. «Elle savait qu’un jour, elles pourraient devenir ses ennemies», a relaté son premier mentor.

« Je ne m’ennuierai pas d’elle »

Dans ce contexte, il est évident que la suspension dont a écopé Sharapova pour avoir fait usage de meldonium n’a pas déclenché une vague d’empathie parmi les autres filles du circuit.

«C’est une personne difficile à aimer, avait lancé Dominika Cibulkova à un magazine slovaque peu après l’annonce en mars. Elle est arrogante, vaniteuse et froide. Quand je m’assois à côté d’elle dans le vestiaire, c’est à peine si elle me dit bonjour.»

À ce moment, Cibulkova s’étonnait des commentaires émis par ses homologues au sujet de la suspension de deux ans, réduite à 15 mois au début d’octobre. La plupart des joueuses s’étaient montrées peu loquaces, disant simplement respecter la punition décer­née.

Ça n’a rien de bien surprenant, au fond. Au tennis féminin, les questions concernant les adversaires font généralement l’objet de réponses très courtes. Les filles n’aiment pas particulièrement lancer des fleurs aux autres joueuses, mais elles ne veulent pas non plus faire les manchettes avec des propos trop critiques.

«J’ai été surprise de voir autant de réactions diplomatiques, parce que tout le monde a une opinion totalement différente, avait poursuivi Cibulkova. Mais je ne veux pas être la seule personne à parler ouvertement de cette situation. Je dirais seulement que je ne suis pas désolée pour Sharapova et que je ne m’ennuierai pas d’elle sur le circuit.»

Un écho

Cibulkova ne s’est pas montrée aussi acerbe la semaine dernière, quand la suspension de la Russe a été réduite de neuf mois. «La décision est la décision, et il faut la respecter», a-t-elle simplement dit.

Une autre joueuse a cependant saisi le relais, affirmant dans le cadre du tournoi de Hong Kong que Sharapova n’aurait pas beaucoup d’appuis des athlètes du circuit au moment de son retour.

«Je ne peux pas y croire, a lâché l’Australienne Samantha Stosur, une ancienne top 10. Je ne sais même pas quoi dire, en fait... Je ne sais pas comment vous pouvez vous en sortir avec cette excuse et voir la décision renversée.»

Pour Stosur, tant l’explication utilisée par Sharapova que la clémence de la sanction font réagir en coulisses. Au moment de son contrôle positif au meldonium, l’ex-première mondiale avait dit ne pas savoir que ce produit se retrouvait depuis janvier sur la liste des substances prohibées.

Un argument sur lequel sa défense s’est appuyée et qui a été pris en compte dans la réduction de sa peine.

Compétitrice dans l’âme

Sharapova sera donc attendue de pied ferme quand elle retrouvera les terrains de la WTA, fin avril. Déjà que les joueuses aiment ajouter le scalp de rivales de renom à leur tableau de chasse, elles y verront une double motivation pour vaincre la quintuple championne en Grand Chelem.

La grande Russe se doute qu’elle sera une proie convoitée. Elle l’a toujours été. Compétitrice dans l’âme, elle arrivera préparée à se battre.

Cela devrait rendre la prochaine saison sur terre battue particulièrement intéressante.

L’as de la semaine

Caroline Wozniacki

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On la croyait finie, dépassée par les blessures et par un tennis féminin de plus en plus puissant. Mais l’ancienne première mondiale n’avait pas dit son dernier mot. Son carré d’as à New York avait laissé poindre sa résurgence, mais ses deux titres en Asie confirment son retour.

Wozniacki était 74e quand elle a amorcé les Internationaux des États-Unis. Elle aurait chuté au-delà de la 100e place si elle y avait perdu au premier tour. Mais la voici 17e et sur une belle erre d’aller pour finir la saison et commencer la prochaine du bon pied.

La double faute

Novak Djokovic

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Qu’est-ce qui cloche chez le nº 1 mondial? Malmené par Roberto Bautista Agut dans leur affrontement en demi-finale à Shanghai, le Serbe a pété un plomb. Il a éclaté sa raquette au sol, déchiré son chandail et s’est embarqué dans une argumentation avec l’arbitre.

Djokovic n’a pas seulement perdu son calme, il a aussi perdu le match, encaissant un premier revers en 22 rencontres à ce tournoi. C’est flagrant, le maître du circuit n’est plus le même depuis un moment. Surclassé à Wimbledon, à Rio et en finale de l’US Open, il doit maintenant regarder dans son rétro­viseur, car Andy Murray le rejoint un peu plus après chaque déconfiture.