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Une hausse de 30 % des cas de cancer au Québec d’ici 2030

3D printing helps build upper jaw prosthetic for cancer patient
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MONTRÉAL |  En raison du vieillissement de la population, le Canada se dirige vers une hausse anticipée de 40 % du nombre de cas de cancers d’ici 2030, selon les données de la Société canadienne du cancer. Au Québec, l’augmentation prévue est de moins de 30 %.

En nombre de cas, le cancer demeure actuellement la première cause de mortalité au pays. Les statistiques pour 2016 anticipent 78 800 décès cette année au Canada, dont 21 300 au Québec. Pas moins de 202 400 nouveaux cas à traiter pourraient être dépistés, dont 51 900 au Québec (à l’exclusion des cas de cancer de la peau autres que le mélanome).

En 2030, le nombre de nouveaux cas s’élèvera donc à près de 285 000, dont plus de 67 000 au Québec.

Ces prévisions démontrent l’importance de la prévention, mais aussi de la nécessité de doter le Québec de ressources en oncologie, en soins palliatifs et de décentraliser des services, croit André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer.

«En ce moment, plusieurs personnes n’ont pas même de médecin de famille pour parler de prévention! Oui, on est pris en charge par une équipe médicale quand on a le cancer, mais ensuite? La véritable question est de savoir: serait-on prêts, demain matin, à gérer près de 70 000 cas versus 50 000 en ce moment, la réponse est claire, c’est non», a affirmé M. Beaulieu en entrevue avec l'Agence QMI.

Autre élément pour affronter cette hausse: la prestation des services qui n’a pas à être livrée qu’en centre hospitalier.

«L’avenue, c’est décentraliser, sortir les soins des hôpitaux, aller vers des soins à domicile, incluant des soins palliatifs. C’est prouvé, un patient traité à la maison ne coûte pas plus cher, au bout du compte, et cela désengorgerait le système, sans parler de la qualité de vie des patients», a avancé M. Beaulieu.

Il importe également selon lui de suivre la piste prometteuse de la médecine personnalisée. Les traitements ont évolué, le dépistage précoce permet d’offrir des traitements plus tôt, donc moins nombreux, ce qui vient accroître le taux de survie.

«Le cancer est une maladie qui est individuelle. Chaque personne est différente, comme l’approche thérapeutique et comment l’individu vit ce diagnostic-là», nuance aussi André Beaulieu.

Moins de cas au Québec

Comparativement au reste du Canada, le Québec sera frappé par une augmentation inférieure des cas de cancer, une situation qui s’explique par la démographie et la composition de la population.

«On s’attend à moins d’immigration au Québec, dont une moins grande augmentation de la population», a affirmé André Beaulieu, porte-parole de la Société québécoise du cancer. Moins de population, moins de cas.

Autre élément, le vieillissement de la population québécoise est déjà entamé, alors qu’il s’amorce dans l’ouest du pays.

«Le Québec est une des populations les plus vieillissantes après le Japon. Le facteur de risque numéro 1 pour le cancer, c’est l’âge», résume M. Beaulieu.

«Dans les années 1970, les gens mouraient vers 68 ans de maladies cardiovasculaires et n’avaient pas le temps de développer le cancer, alors qu’aujourd’hui, on meurt à 80 ans en moyenne. Cela amène une problématique qui vient avec le vieillissement», ajoute-t-il.

Le VPH progresse chez les hommes

D’autre part, les cancers de la gorge et de la bouche causés par le virus du papillome humain (VPH) sont de plus en plus fréquents chez les hommes, s’inquiète la Société canadienne du cancer (SCC).

Chez les hommes, ce type de cancer a cru de 56 % entre 1992 et 2012, contre une hausse de 17 % chez les femmes pour la même période, révèle le rapport «Statistiques canadiennes sur le cancer 2016», de la Société canadienne du cancer.

Cette année, 4400 Canadiens devraient recevoir un diagnostic de cancer lié au VPH, tandis que 1200 en décéderont. Du nombre, le tiers sont des cancers de la bouche et de la gorge. Ces cas sont ainsi aussi nombreux que les cancers du col de l’utérus, pourtant davantage associés au VPH et pour lesquels une procédure de vaccination est déjà en place, chez les jeunes filles.

La Société canadienne du cancer en conclut que les garçons devraient aussi se faire vacciner contre le VPH. Elle invite également la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador et les trois territoires à offrir le vaccin aux garçons à l’école, comme c’est le cas pour les filles, d’un bout à l’autre du pays.

Au Québec, les garçons pourront recevoir le vaccin pour la première fois cet automne. Les filles peuvent déjà être vaccinées gratuitement depuis 2008.