/news/politics
Navigation

Réforme électorale: L’opposition accuse Trudeau de renier sa promesse

Le premier ministre Justin Trudeau
Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau

Coup d'oeil sur cet article

L’opposition accuse le gouvernement Trudeau de reculer sur sa promesse de modifier le mode de scrutin avant les prochaines élections fédérales.

Dans leur plateforme électorale, les libéraux se disaient pourtant «déterminés à faire en sorte que l’élection de 2015 soit la dernière élection fédérale organisée selon le mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour».

Ils ont d’ailleurs mis sur pied un comité parlementaire, sur lequel sont représentés tous les partis politiques, et dont le mandat est de consulter la population et d’émettre des recommandations d’ici la fin de l’année.

Or, dans le cadre d’une entrevue au quotidien Le Devoir pour souligner sa première année au pouvoir, le premier ministre Justin Trudeau ne garantit plus de mettre en œuvre cette réforme électorale. Il fait valoir que les gens sont plus satisfaits sous son gouvernement et sont moins motivés à vouloir changer le système électoral que sous Stephen Harper.

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, a qualifié cette déclaration de M. Trudeau de «cynique». «Qu'est-ce qu'il peut avoir de plus cynique que de dire que le système était pourri quand ça a donné Stephen Harper avec 39% du vote, mais que le système va très bien quand ça donne Justin Trudeau avec 39% du vote», a-t-il soulevé.

Questionné à ce sujet aux Communes, le premier ministre s’en est remis au travail du comité. «Nous allons écouter et être très attentifs aux résultats du travail de ce comité», a affirmé M. Trudeau.

Le président du comité, le député libéral Francis Scarpaleggia, a fait valoir qu’il y avait «différents degrés de réforme» possibles. «Certains veulent quelque chose de très mineur, d’autres quelque chose de plus poussé», a-t-il déclaré.

Pour le député conservateur Gérard Deltell, les propos de M. Trudeau sont «indignes» d’un premier ministre.

«C’est quand même incroyable de voir que là, parce que ça fait son affaire, qu’il est au pouvoir, tout va bien, il change d’idée. C’est un comportement tout à fait indigne, mais exactement à l’image de M. Trudeau, c’est-à-dire on dit une chose, on fait le contraire et quand ça fait notre affaire, c’est correct», a-t-il lancé.

Le chef du Bloc québécois par intérim, Rhéal Fortin, reproche pour sa part à M. Trudeau de «manquer de respect envers les électeurs». «Comme on dit par chez nous, il ne se prend pas pour de la marde M. Trudeau», a-t-il lancé.