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Santé: Barrette accuse Trudeau d'agir par calcul politique

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Photo Simon Clark Le ministre de la Santé Gaétan Barrette

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Gaétan Barrette accuse le gouvernement Trudeau de refuser de maintenir le financement fédéral en santé vers les provinces par calcul politique.

«On dit aux citoyens du Québec et du Canada, pour qu’on mette de l’argent en santé mentale, il faut qu’il y ait un gain politique», a dénoncé le ministre de la Santé du Québec, mercredi, à l’occasion d’une mêlée de presse.

Québec a besoin de développer, de toute urgence, deux nouveaux secteurs, la santé mentale et les soins à domicile, a précisé M. Barrette.

Le ministre de la Santé a rappelé que l’argent promis par les libéraux fédéraux, dont 3 milliards $ en soins à domicile, se faisait toujours attendre, en plus d’être insuffisant. «Le maintien à domicile c’est une affaire de 5,5 milliards $, il faut investir 600 $ de plus per capita, on nous en offre 14 $. La santé mentale c’est une affaire de 450 millions $», a déploré le ministre de la Santé.

« Pas d’intérêt politique »

M. Barrette a indiqué que sa collègue fédérale, Jane Philpott, a avoué derrière des portes closes qu’elle ne parvenait pas à convaincre le premier ministre Justin Trudeau et son ministre des Finances Bill Morneau de la nécessité de verser l’argent au plus tôt. «Chez M. Morneau et M. Trudeau, on ne voit pas d’intérêt politique d’investir de l’argent», a martelé M. Barrette.

«À portes closes, Mme Philpott nous a dit, quand je vais aux bureaux de M. Morneau et de M. Trudeau, ces gens-là ne voient pas l’intérêt politique, spécifiquement en santé mentale [...] On nous demande de l’aider à convaincre MM. Trudeau et Morneau du bien-fondé politique d’investir en santé mentale», a fulminé Gaétan Barrette.

De même, la décision de ramener de 6 % à 3 % la croissance des transferts en santé provenant du fédéral signifie une réduction des services de santé. «À 3 %, c’est un déclin programmé des soins de santé», a poursuivi le ministre.

Pas un « chèque en blanc »

Le premier ministre Philippe Couillard est venu mettre un bémol sur les accusations de son ministre de la Santé. «Nous avons une bonne relation avec le gouvernement fédéral. Nous avons des points de désaccord, dont celui sur la santé [...] Nous n’accepterons jamais qu’il y ait des conditions. C’est un gain que nous avons fait en 2004 avec le fédéralisme asymétrique», a dit M. Couillard.

À Ottawa, Jane Philpott a répété que le gouvernement Trudeau ne versera pas d’argent sans poser de condition. «Je ne peux demander au ministre des Finances d’écrire un chèque en blanc», a prévenu la ministre fédérale de la Santé.

– Avec la collaboration de Dominique La Haye