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«On vous croit»

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Elle se tient, digne et droite, devant la foule.

Un à un, les mots sortent, ceux qu’elle retenait parce qu’elle ne voulait pas que ce qu’elle a vécu la définisse pour toujours.

Elle dit avoir été sujette à une agression sexuelle de la part d’un élu et qu’un policier lui a déconseillé de porter plainte.

Les réactions

Comment ses pairs reçoivent-ils ce témoignage, à l’Assemblée nationale? L’ex-ministre libéral Serge Simard croit improbable qu’elle ait pu reconnaître un député.

Comme si les élus n’affichaient pas ostensiblement leur statut, leur épinglette de la 41e législature bien en évidence. Si le député de Dubuc a déjà mangé sur la Grande Allée, il le sait comme moi.

La ministre de la Condition féminine, qui ne manque jamais une occasion de prouver qu’elle n’est pas à sa place, s’est quant à elle réfugiée devant le secret du caucus pour ne pas confirmer qu’elle connaissait l’identité du parlementaire visé.

Remarquez-le: elle ne l’a pas fait pour protéger l’intégrité de l’enquête ou le droit de la victime de s’exprimer elle-même. Elle a évoqué les bonnes vieilles règles tribales de son auguste boys club.

Colère contre privilèges

Octobre est pénible pour les femmes qui dénoncent et qui expriment leur colère.

Un homme qui qualifie de conversations de vestiaire le fait de se vanter d’agripper le sexe des femmes est à deux pas de la présidence des États-Unis.

Un recteur qui évoque un protocole pour se défendre de ne pas avoir su réconforter des survivantes d’agression et rassurer les personnes dont il a la sécurité à sa charge.

Un animateur de télé qui fait des blagues de ménopause et d’autres à la radio qui reçoivent la dénonciation de ces femmes comme un traitement anti-homme dont ils seraient eux-mêmes l’objet. Le privilégié qui se croit victime quand l’opprimé relève la tête.

Les droits des plaignantes

Le système judiciaire fera son travail. Il respectera les droits des éventuels accusés; de ça, on peut être assuré.

Espérons, toutefois, qu’il en fera autant pour les plaignantes.

Quant à moi, je leur dis que je les crois.