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Le Palmarès des écoles du Journal: le secret pour gravir 135 rangs

Une école publique de la Gaspésie a réussi ce tour de force, dans le Palmarès du Journal, grâce aux parents

École secondaire Antoine-Roy
Photo Daphnée Dion-Viens Luka, un élève de deuxième secondaire, rencontre toutes les deux semaines l’enseignante Annick Paradis qui suit son travail scolaire grâce à un «cahier de suivi», qui doit être signé chaque jour par les parents.

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RIVIÈRE-AU-RENARD | En cinq ans, l’école secondaire Antoine-Roy a réussi tout un exploit, en gravissant 135 rangs dans le Palmarès des écoles du Journal. Pour y arriver, l’équipe-école a suivi de près ses élèves en difficulté en comptant sur de précieux alliés: les parents.

Lorsque Deslilas Fournier est arrivée à la direction de cette petite école d’environ 150 élèves il y a trois ans, elle a d’abord été frappée par le nombre d’échecs élevé.

En 1re secondaire, la moitié des élèves n’avaient pas la note de passage. Néanmoins, en quelques années, l’école est passée du 322e au 187e rang du classement de l’Institut Fraser.

Pour y arriver, Mme Fournier a d’abord développé un lien de confiance avec les parents. Dans ce village côtier de près de 3000 habitants, dont une majorité vit de la pêche, plusieurs gardent de mauvais souvenirs de leur passage à l’école, souligne-t-elle.

Prendre le temps

En début d’année scolaire, elle a rencontré tous les parents dont les enfants avaient des difficultés à l’école.

«On a pris le temps qu’il fallait. Si ça prenait une heure, on prenait une heure. Si ça en prenait deux, on en prenait deux. On a eu beaucoup d’ouverture et de confidences de la part des parents. On s’en est fait des complices», dit-elle.

Mme Fournier est convaincue que ce précieux lien tissé autour d’un café ou en partageant un biscuit a fait toute la différence. «Au souper, les bons mots que le parent va avoir pour l’école, l’enfant va les entendre. Ça fait du chemin dans la tête des enfants», dit-elle.

Les parents, plutôt que de fuir lorsqu’ils la croisaient à la pharmacie ou à l’épicerie, venaient désormais spontanément vers elle.

Mais la partie n’était pas encore gagnée. Il restait à «s’allier les élèves», ajoute Mme Fournier. «Un élève qui ne réussit pas, ce n’est pas parce qu’il ne peut pas. C’est parce qu’il n’est pas servi de la bonne façon», affirme celle qui gardait toujours la porte de son bureau ouverte pour ses élèves.

Un programme bien particulier a été mis en place pour ceux qui avaient le plus de difficulté. De vieux cahiers verts qui traînaient dans un local sont devenus des «cahiers de suivi», un outil qui est maintenant intégré dans l’agenda de l’élève.

Cahier de suivi

Après chaque période, l’enseignant y inscrit comment s’est déroulé le cours, si l’élève est arrivé en retard, s’il a fait ses devoirs ou s’il a bien participé. Le cahier de suivi doit être signé par le parent chaque jour.

Toutes les trois semaines, l’enseignante-ressource Lyne Jalbert communique avec les parents pour souligner les bons coups de l’élève ou réajuster le tir, au besoin.

L’outil est apprécié, autant de la part des parents que des élèves. «Ça m’aide à mieux m’organiser», lance Luka, un élève de 13 ans. «C’est une formule gagnante, ça m’a vraiment rassurée», affirme la mère d’un élève de troisième secondaire qui a un déficit d’attention.

Même si ce suivi serré prend du temps, Lyne Jalbert considère que le jeu en vaut la chandelle: «C’est un succès, c’est vraiment gagnant!»

Des résultats qui parlent

Les résultats parlent d’eux-mêmes: l’an dernier, sur les 37 élèves en difficulté qui avaient un cahier de suivi, 36 ont réussi leur année scolaire.

Deslilas Fournier, qui est maintenant directrice des services éducatifs à la commission scolaire des Chics-Chocs, estime que ce succès repose d’abord sur tout le personnel qui a sauté à pieds joints dans ce projet: «C’est le travail de toute une équipe. Moi, toute seule dans mon bureau, jamais je n’aurais pu avoir ces résultats-là.»

Drummondville: une école publique «de gars» qui s’améliore

L’école secondaire Marie-Rivier compte 1300 élèves, dont une majorité de garçons, et se classe parmi les établissements qui se sont le plus améliorés depuis cinq ans.

Attirés par les programmes de sciences, de sports-études et de vie active, les garçons sont nombreux à s’y inscrire, si bien qu’ils représentent les deux tiers des élèves de cette «grosse» école publique de Drummondville.

Il y a deux ans, une vaste réflexion a été amorcée sur des stratégies d’enseignement à mettre en place pour mieux rejoindre les garçons en classe. «C’est une préoccupation qu’on a ici», affirme la directrice, Maude Trépanier.

Des choix de lecture différents ont été faits pour intéresser davantage les garçons, et les enseignants tentent d’inclure plus de manipulation et d’activités concrètes à faire en classe, explique-t-elle.

Meilleurs en lecture

Beaucoup d’efforts ont par ailleurs été consacrés à l’amélioration des résultats en français, si bien que le taux de réussite à l’examen de lecture en deuxième secondaire, qui était de 56 % en 2015, est passé à 86 % en 2016. «C’est vraiment l’engagement du personnel autour d’une même cible qui a fait la différence», affirme Mme Trépanier.

Cette année, une soixantaine d’élèves à risque participent aussi à des ateliers d’écriture basés sur le jeu et animés par un enseignant de français pendant les heures de classe.

Top 10 des écoles qui se sont le plus améliorées en cinq ans

  1. Académie Beth Rivkah - Montréal
  2. Antoine-Roy - Gaspé
  3. Collège d’Anjou - Montréal
  4. Marie-Rivier - Drummondville
  5. Riverdale - Pierrefonds
  6. Champagnat - La Tuque
  7. Lindsay Place - Pointe-Claire
  8. Mirabel - Mirabel
  9. Eulalie-Durocher - Montréal
  10. La Cité étudiante - Maniwaki

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