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Patate chaude

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En prévision de la campagne électorale municipale, le maire de Québec s’est employé vendredi à lancer la patate chaude du troisième lien dans le camp du ministère des Transports du Québec.

Il ne faudrait pas sous-estimer Régis Labeaume et son entourage, qui savent fort bien que le thème de la congestion routière occupera les discussions lors de la campagne à venir.

Le maire est aussi bien conscient du fait que sa position n’a absolument pas été claire depuis le début, et que ça n’a pas été à son avantage.

Pour l’une des premières fois de son règne, le contrôle de l’agenda et des discussions lui a glissé entre les doigts sur un projet majeur. Il a plutôt l’habitude de «prendre le lead» et réclamer.

En avançant, comme il l’a fait vendredi, que le troisième lien devrait être construit dans la partie ouest du territoire, tout en demeurant très flou sur le projet à privilégier, M. Labeaume se décharge de ce qui était devenu un fardeau pour son administration. Il fait en effet ressortir l’incompétence du ministère des Transports dans toute sa splendeur, et l’oblige à réagir.

Idée ridicule

Il est d’ailleurs incroyable que le MTQ ait confié une étude à un expert pour analyser la faisabilité d’un tunnel à l’est, alors que 76 % des déplacements de la Rive-Sud vers Québec proviennent du secteur ouest de Lévis.

Une donnée qui vient illustrer que l’idée de construire un troisième lien à la hauteur de la route Lallemand, donc vers l’est, est complètement ridicule. Le MTQ a pourtant soumis ce seul scénario à Bruno Massicotte, comme il l’avait bien expliqué lors de sa présentation en septembre dernier.

Mises à jour

Le ministre Lessard disait vendredi que les données ne sont pas à jour, qu’il s’en vient avec des chiffres plus récents. Il serait étonnant que le portrait ait changé du tout au tout en cinq ans. Mais comment expliquer que le MTQ n’ait pas mis à jour l’étude origine-destination depuis 2011? Celle-ci devait être effectuée cette année. On l’a reportée à 2017.

Aura-t-on les résultats à temps pour la campagne électorale, ce qui ramènerait le sujet dans les débats? Ne savait-on pas que les problèmes de congestion allaient s’aggravant, à Québec? Qu’il faudrait agir bientôt? Décidément, l’improvisation continue de mener le dossier du troisième lien.