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Formidable prise de parole

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L’écrivain, journaliste et chef d’antenne Michel Jean est particulièrement fier, cet automne, de présenter Amun, un collectif publié chez Stanké qui réunit, pour la toute première fois, des auteurs autochtones de différentes nations et générations.

Il s’agit d’une occasion unique de découvrir ou redécouvrir les textes remplis d’émotions de Joséphine Bacon, Natasha Kanapé Fontaine, Jean Sioui, mais aussi Maya Cousineau-Mollen et Alyssa Jérôme. Ils traduisent parfois l’histoire et les traditions, parfois la réalité des Premières Nations au Québec et au Canada.

Dans la langue innue, «amun» signifie «rassemblement». Et c’est ce que Michel Jean a fait en réunissant les textes de ces auteurs de talent, d’origine innue, huron-wendat, crie, métisse.

«C’est le premier recueil de nouvelles autochtones jamais publié au Québec. Mon roman, Elle et nous, parlait de mon rapport avec ma grand-mère et avec l’identité autochtone. Dans Le vent en parle encore, je dénonçais un problème social et l’impact que les pensionnats avaient eu sur les gens. De fil en aiguille, je me rendais compte que, pour les gens des communautés autochtones, ça a une valeur qu’on parle de leur histoire. Comme mon prochain roman parle d’autre chose, je cherchais une manière de contribuer. C’est là que j’ai eu l’idée de faire le recueil de nouvelles», explique Michel Jean.

« D’égal à égal »

Le recueil permet à de nouveaux auteurs de côtoyer des auteurs plus connus comme Joséphine Bacon et Natasha Kanapé Fontaine. La publication d’Amun était une prise de position. «Les auteurs du groupe sont tous très enthousiastes à l’idée du projet. C’est une prise de parole: je voulais publier un recueil d’auteurs autochtones dans une maison d’édition populaire, solide, avec des moyens, comme un ouvrage «mainstream». On est d’égal à égal avec les autres écrivains qui sont publiés et pour moi, c’est un symbole.»

Michel Jean a choisi les auteurs – il en connaissait certains plus que d’autres. «Je voulais avoir le plus de diversité possible de communautés autochtones et d’âge», précise-t-il. «Ce sont tous des auteurs qui avaient déjà publié au moins des nouvelles, de la poésie. Natasha, c’est sa première fiction. Le talent existe, c’est juste qu’on ne le voyait pas. Pour moi, l’important, c’est qu’on soit tous égaux aux autres. Ils sont super bons et ce que j’aime, c’est qu’il y a une diversité de poésie.

«Natasha fait voir la culture innue de la perspective d’une Innue et non d’une Blanche. Jean Sioui a fait une nouvelle historique sur un moment important dans l’histoire des Hurons-wendat et Alyssa a fait quelque chose sur la double identité des gens qui se sentent à mi-chemin entre les Blancs et les Indiens.»

L’autre côté de la clôture

Michel Jean, qui a le réflexe de s’adresser aux Québécois davantage, essaie, à travers une histoire très émouvante, de leur montrer l’autre côté de la clôture avec l’histoire d’une femme qui attend désespérément le retour de son homme, parti à la chasse dans les territoires lointains.

  • Innu, Michel Jean est écrivain, chef d’antenne et journaliste d’enquête.
  • Il travaille à TVA depuis 2005.
  • Il a publié sept livres, dont quatre romans et un récit, tous salués par la critique.
  • Il sera au Salon du livre de Montréal pour rencontrer les lecteurs.