/opinion/blogs/columnists
Navigation

Êtes-vous un gagnant ou un perdant?

Children in Cape Costumes Trick-or-Treating on Halloween
Fotolia Le choix de nos combats en dit long sur nos valeurs.

Coup d'oeil sur cet article

Vous n’avez rien remarqué d’étrange le 31 octobre dernier? Il y avait un léger je-ne-sais-quoi dans l’air. Les enfants gambadaient un peu trop joyeusement dans les rues. C’est comme s’ils retrouvaient un bonheur jadis perdu.

En observant mes trois petits monstres si heureux, je me suis surpris à chercher une explication rationnelle à ce phénomène paranormal. Je dois avouer que la roue de mon hamster a tourné entre mes oreilles. Puis, j’ai trouvé : c’était le retour du deux pour un à la fête d’Halloween!

Vous avez oublié? L’an dernier, à pareille date, c’était le psychodrame automnal : il n’y avait pas de fête à l’école. Certains pensaient qu’il s’agissait d’un moyen de pression de la part des enseignants maléfiques... Ces fous furieux qui ne pensent qu’à briser les rêves de notre belle jeunesse.

Pourtant, il y avait une explication fort simple : l’Halloween était un samedi. Est-ce vraiment nécessaire de célébrer deux fois la même fête? Les activités festives ne sont pas un droit, mais un privilège. Il s’agit d’une nuance importante.

À titre de comparaison, un véritable moyen de pression du nom de «l’opération récré prolongée» se réalisait dans l’indifférence la plus totale. Les enseignants allongeaient la durée de certaines pauses à diverses occasions. En somme, cela voulait dire moins de temps en classe à la fin de la semaine. Bof! Il s’agissait là d’une action positive. Les enfants pouvaient s’amuser.

Inutile de vous dire que l’ampleur du délire médiatique en lien avec l’annulation des activités d’Halloween dans certaines écoles m’avait décontenancé. Je venais de prendre conscience de la réelle importance de l’éducation pour une grande partie de la population.

À cette époque, je vous rappelle que le ministre de l’Éducation avait eu le culot d’affirmer qu’il «serait maladroit de réinvestir dès maintenant dans le soutien aux élèves en difficulté, compte tenu du contexte budgétaire actuel.»

Nous n’étions donc pas en pénurie de nobles combats. Vous voulez d’autres exemples? La marchandisation de l’éducation, la concurrence entre les écoles, l’écrémage de la classe ordinaire, l’intégration à outrance des élèves ayant des difficultés, la répartition inégale du poids de cette intégration, les conséquences sociales et les coûts astronomiques liés à l'abandon scolaire, etc.

Un an plus tard, rien n’a changé. Nous avons, certes, un nouveau ministre qui mène une consultation bidon sur la réussite éducative, or qu’est-il possible d’espérer? Monsieur Proulx affirmait récemment qu’il avait la solution face aux problèmes de la classe dite «régulière». Il mise sur les enseignants : «Il faut plus investir dans la formation initiale des maîtres. Comment ils peuvent mieux s’adapter.»

Bref, n’allez surtout pas faire des chaînes humaines autour des écoles de votre quartier. Le monde de l’éducation n’est pas aux prises avec un problème structurel.

Cette fatalité amène un constat brutal : tirons vers le haut les plus favorisés et vers le bas ceux qui le sont moins.

On dit que la force d’un peuple repose sur ses priorités. J’ignore pourquoi, mais lorsque je pense à l’éducation, cette citation attribuée à Jean Béliveau revient toujours me hanter...

«Un gagnant sait pourquoi se battre et quand céder à un compromis. Un perdant cède à un compromis quand il ne faut pas le faire et se bat pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine. »