/entertainment/stage
Navigation

Les marches du pouvoir: une captivante descente en enfer

Les marches du pouvoir est un délice théâtral

Les Marches du pouvoir
Photo courtoisie Pierre-Marc Laliberté Le relationniste David Bellamy (Charles-Étienne Beaulne) effectue un faux pas qui deviendra irréparable lorsqu’il ira à la rencontre de Tom Duffy (Hugues Frenette), qui dirige la campagne d’investiture démocrate du candidat rival.

Coup d'oeil sur cet article

Des comédiens qui excellent, un sujet d’actualité et une histoire qui se déploie tel un suspense, Les marches du pouvoir est une incursion superbe et captivante dans les coulisses de la politique.

Présentée pour la première fois dans la Vieille Capitale, la pièce de Beau Willimon, auteur de House of Cards, est, par sa puissance et sa véracité, une réussite sur toute la ligne.

À l’affiche jusqu’au 26 novembre au théâtre La Bordée, l’adaptation «québécoise» de Farragut North, traduite par David Laurin, ne pouvait tomber mieux à quelques jours de la présidentielle américaine.

Les marches du pouvoir raconte l’histoire de David Bellamy, un jeune relationniste et conseiller de campagne du gouverneur Mike Morris, qui effectue un immense faux pas en allant rencontrer l’organisateur du candidat rival.

Une rencontre qui a lieu à quelques jours d’un vote déterminant pour l’investiture démocrate. Un geste, posé par la curiosité et l’inexpérience, qui provoquera une douloureuse descente aux enfers.

Il n’est pas nécessaire de bien connaître la politique américaine pour apprécier cette œuvre sans temps mort et durant laquelle l’on ne jette jamais un coup d’œil sur sa montre.

Montée explosive

Les marches du pouvoir aborde les prises de décisions qui, souvent, doivent être rapides et les conséquences de nos actes.

Beau Willimon a choisi de camper son histoire dans un monde politique, où les jeux de coulisses, les luttes de pouvoir et les coups en bas de la ceinture ne sont pas différents de ce qui se passe dans nos vies, nos relations personnelles et dans les autres milieux de travail.

Après une entrée un peu échevelée, où l’on cherche à saisir ce qui se passe et qui est qui, la situation s’installe. Il y a des révélations, des doutes, des revirements, de la tension, de l’humour et du suspense, soutenus par des sonorités de batteries en cohésion avec l’action.

Une montée qui, par la mise en scène de Marie-Hélène Gendreau, n’arrête jamais et explosera avec fracas lors du tableau final.

Charles-Étienne Beaulne offre, dans le rôle du jeune relationniste, une grande performance. Il brille dans toutes les facettes de cet individu qui carbure à l’adrénaline dans l’univers politique.

Maxime Beauregard-Martin, Sophie Dion, Israël Gamache, Hugues Frenette, Jean-Sébastien Ouellette et Nathalie Séguin complètent une distribution de très haut niveau. Les marches du pouvoir est un délice théâtral. Une pièce à voir absolument et qui explique le grand succès de la série House of Cards.