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Les insectes bientôt dans nos assiettes?

Les insectes bientôt dans nos assiettes?
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Consommés par plus de deux milliards d’individus et considérés comme la protéine du futur, les insectes s’immiscent timidement dans l’assiette des Québécois. Près de 2000 espèces pourraient faire partie de notre alimentation. Bons pour la santé et écoresponsables, ils semblent constituer la base alimentaire de l’avenir. Êtes-vous prêts?

Pourquoi en consommer ?

La valeur nutritive des insectes est très variable et change en fonction de l’habitat, l’alimentation et le stade de ­développement. Par exemple, 100 g de mélanoples à pattes rouges (criquet du Québec) contiennent 160 calories tandis que la même quantité de criquets australiens apporte 499 calories. En termes de protéines, certains ­insectes en contiennent beaucoup, dont les chapulines (criquets du Mexique). Ces dernières ont deux fois plus de protéines que le bœuf à poids égal! Pour une portion du Guide alimentaire canadien de Viandes et substituts, il suffit de troquer 75 g de viande pour 37 g de criquets mexicains! En plus de leur teneur intéressante en protéines, les insectes sont riches en ­vitamines du complexe B (dont la B1, B2, B3) et ils contiennent du calcium, du zinc, du phosphore, du magnésium et du fer. Les insectes sont aussi une source de bons gras essentiels, notamment des oméga-6, lesquels interviennent dans la fabrication de la membrane cellulaire. Quant aux précieux oméga-3, ils se retrouvent en quantités intéressantes dans les huiles provenant des insectes. On aime aussi la teneur en fibres des ­insectes, qui se compare à celle des ­légumineuses. Les insectes sont particulièrement riches en fibres insolubles, lesquelles favorisent un bon transit ­intestinal.

Et si on comparait le bœuf et les vers de farine ?

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Les vers de farine sont...

  • Moins riches en matières grasses
  • Plus riches en acides gras essentiels
  • Teneurs comparables en cuivre, sodium, ­potassium, fer, zinc et sélénium
  • Teneurs supérieures au bœuf en vitamines, sauf pour la vitamine B12

Le goût des vers de farine ressemble à celui du poulet grillé lorsqu’ils sont cuisinés en version salée. Si on les apprête en version sucrée, leur goût rappellera davantage l’amande et la noisette. L’expérience gustative vous interpelle?

Bienfaits pour l’environnement

L’élevage d’insectes émet une plus faible empreinte hydrique et carbonique. Il nécessite beaucoup moins de ressources et de surfaces de terres (moins de déforestation, aucun déchiffrement de nouvelles terres, etc.) et la production de gaz à effet de serre est moindre. Pour produire 1 kg de bœuf, plus de 15 000 litres d’eau sont nécessaires, tandis que les insectes ont besoin de beaucoup moins d’eau. Un impact énorme pour l’environnement quand on sait qu’en 2025 plus de 1,8 milliard d’êtres humains vivront dans une région où il y a une pénurie d’eau.

En plus, les insectes peuvent être élevés avec des sous-produits organiques (fumiers, lisier de porc, compost), ce qui permet de réduire la contamination de l’environnement.

Des chercheurs de l’Université de Wageningen, aux Pays-Bas, ont étudié l’élevage d’insectes comestibles en collaboration avec la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Ils ont montré qu’ils produisent beaucoup moins de gaz polluants (méthane, oxyde de nitrate, etc.) que l’élevage porcin et bovin. En comparaison, un kilo de vers de farine produit 10 à 100 fois moins de gaz à effet de serre qu’un kilo de viande de porc.

Un autre avantage, l’élevage d’insectes réduit l’utilisation des ­ressources. Par exemple, pour 10 kg d’aliments que l’on produit, on obtient 1 kg de viande de bœuf et 9 kg d’insectes. Une production beaucoup plus rentable qui a moins d’impact sur ­l’environnement. Le cycle de reproduction des grillons n’est que de 6 semaines (78 chez les bovins). Une ­autre bonne raison d’encourager cet ­élevage!

Des entreprises du Québec qui osent

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Uka Protéine

Cette entreprise québécoise fondée par Marie-Loup Tremblay propose des produits novateurs à base d’insectes. Sur la boutique en ligne, on peut se procurer de la farine de grillons, des grillons rôtis et plusieurs variétés de barres. On aime les barres protéinées à base de farine ­d’insectes qui sont intéressantes pour les sportifs. Chaque barre de 50 g apporte 10 g de protéines, 7 g de fibres et 25 % de l’apport quotidien recommandé en fer. Sans noix ni produits laitiers, elles conviennent même aux personnes qui souffrent d’allergies ou d’intolérances. Outre le commerce en ligne, les produits sont disponibles dans certains magasins d’aliments naturels et des boutiques de sport. Les produits offerts nous proposent une douce incursion dans le monde des insectes. Il est beaucoup plus accessible de manger des insectes (non visibles) dans des produits transformés que de croquer dans une brochette de grillons dans un marché local en Asie!

Gourmex Inc

Gourmex inc. propose des produits entomophagi­ques importés. En ligne, il est possible de se commander plusieurs saveurs de sauterelles grillées, dont une au piment chipotle! L’entreprise organise également des soupers dégustations chaque mois au restaurant La Selva, à Montréal.

LES INSECTES LES PLUS CONSOMMÉS DANS LE MONDE

  • Les coléoptères (adultes et larves). Le plus consommé: le charançon du palmier
  • Les lépidoptères (papillons, chenilles)
  • Les hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis)
  • Les orthoptères (sauterelles, criquets, grillons)
  • Les hémiptères (cigales, cicadelles, cochenilles et punai­ses)
  • Les isoptères (termites)
  • Les odonates (libellules)
  • Les diptères (mouches)

Êtes-vous prêts?

En Europe et dans les pays d’Asie, la consommation ­d’insectes est plus répandue qu’ici. Les pâtes alimentaires, les criquets grillés, le chocolat aux insectes trouvent facilement preneur. Gageons que d’ici une décennie ces aliments feront aussi partie de nos habitudes alimentaires!