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Études sur le troisième lien: plusieurs libéraux ignoraient leur existence

Un aperçu des études sur le 3e lien qui dormaient à la bibliothèque du ministère des Transports, à Québec, consultées par notre Bureau parlementaire avant d'être numérisées et mises en ligne sur internet, mercredi.
Photo Marc-André Gagnon Un aperçu des études sur le 3e lien qui dormaient à la bibliothèque du ministère des Transports, à Québec, consultées par notre Bureau parlementaire avant d'être numérisées et mises en ligne sur internet, mercredi.

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Plusieurs ministres libéraux qui se sont succédé aux Transports et à la Capitale-Nationale ignoraient complètement l’existence des études sur le troisième lien réalisées au cours des 40 dernières années qui ont été mises en ligne, mercredi.

«Moi, je n’étais pas au courant de l’existence de ces études-là, [...] donc demandez à ceux qui étaient-là avant-moi», a laissé tomber le ministre responsable de la Capitale-Nationale, François Blais, en répondant très brièvement aux journalistes dans les minutes précédant la période des questions à l’Assemblée nationale.

«Sincèrement, je n’ai jamais vu ces études-là avant», a indiqué son prédécesseur, Sam Hamad, qui a aussi été ministre des Transports sous Jean Charest.

Idem pour Robert Poëti, qui est celui qui a commandé, en août 2015, alors qu’il était ministre des Transports, une étude de faisabilité sur le troisième lien à 105 000 $ au professeur Bruno Massicotte.

«Je n’avais pas l’information qu’il y avait déjà eu des études, il y a 40 ans, et si on m’avait mis au courant, [...] je me serais empressé de les faire vérifier», a indiqué M. Poëti.

Les documents dormaient au MTQ

L’ensemble de ces documents dormaient pourtant depuis des années à la bibliothèque du ministère des Transports, à Québec, avant d’être numérisés et mis en ligne sur Internet à la suite d’une demande d’accès à l’information de notre Bureau parlementaire.

Il s’agit «d’affaires qui étaient dans le ministère depuis 40 ans, a d’ailleurs confirmé l’actuel ministre des Transports, Laurent Lessard. [...] Je ne peux pas aller plus vite que la numérisation, mais ce n’est pas les études d’il y a 40 ans qui m’intéressent, c’est ceux-là d’aujourd’hui (sic).»

«Vous, vous regardez tous les livres dans la bibliothèque, chez vous, dans votre bureau, au Journal», a rétorqué M. Hamad, lorsque confronté sur ce point.

Il est d’autant plus étonnant que leur existence ait été si méconnue lorsque l’on constate qu’il en est abondamment question dans la plus récente étude de faisabilité dévoilée à la mi-septembre. Le professeur Massicotte fait d’ailleurs référence, aussi tôt qu’à la page 2 de son rapport final, aux deux plus importantes études sur le 3e lien réalisées par le passé, soit une brève analyse similaire à la sienne datant de 1999, et une étude de faisabilité complète remontant à 1979.

La dernière étude «inutile», selon la CAQ

Selon le député caquiste Éric Caire, l’étude du professeur Massicotte était parfaitement «inutile» puisque les documents publiés mercredi révèlent que l’incertitude géologique quant à la possibilité de creuser un tunnel dans le Saint-Laurent était levée depuis 40 ans.

«Le gouvernement a dépensé (plus de) 100 000 $ de fonds publics pour répondre à une question dont il avait déjà la réponse», regrette le député de La Peltrie.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre d’une source sûre, c’est parce que le maire de Québec, Régis Labeaume, s’était mis à brandir constamment l’obstacle de la faille Logan pour discréditer le projet de troisième lien à l’est que le gouvernement avait commandé une étude de gré à gré sur cet aspect, en août 2015.

Le maire pressait alors M. Poëti de faire l’étude «pour qu’on cesse d’en discuter».

«La gestion de dossier-là, c’est une vraie catastrophe pour le Parti libéral», a commenté de son côté la députée péquiste Agnès Maltais, qui a une fois de plus reproché au gouvernement de manquer de vision en matière de transports pour la Capitale-Nationale.