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Les cas de tricherie explosent

Le nombre d’infractions aux études a quadruplé depuis cinq ans, selon des chiffres obtenus par Le Journal

L’Université Laval assure travailler en collaboration avec les associations étudiantes pour faire de la sensibilisation sur le plagiat.
Photo Didier Debusschère L’Université Laval assure travailler en collaboration avec les associations étudiantes pour faire de la sensibilisation sur le plagiat.

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Les infractions aux études, qui comprennent les cas de plagiat et de tricherie, ont quadruplé depuis cinq ans à l’Université Laval.

Les derniers chiffres disponibles, obtenus par Le Journal, montrent une hausse marquée du nombre d’infractions en 2015-2016: 212 cas ont été recensés comparativement à 136 pour l’année précédente. En 2011-2012, on en comptait plutôt 56. Le plagiat est la forme d’infraction aux études la plus courante.

La secrétaire générale, Monique Richer, avance trois hypothèses pour expliquer cette augmentation. Les cas de plagiat et de tricherie pourraient effectivement être plus nombreux, mais les professeurs et chargés de cours pourraient aussi être plus enclins à les dénoncer, puisqu’une plus grande sensibilisation a été faite à ce sujet sur le campus au cours des dernières années, explique-t-elle.

Sciences et génie en tête

Les travaux d’équipe, de plus en plus fréquents sur le campus, ont aussi certainement fait augmenter les chiffres, ajoute Mme Richer. Jusqu’à cet automne, tous les étudiants étaient coupables de plagiat même si un seul d’entre eux avait enfreint les règles au cours d’un travail d’équipe.

C’est d’ailleurs à la Faculté des sciences et génie, où les travaux d’équipe sont très nombreux, que les cas de plagiat sont les plus fréquents. Depuis septembre, le nouveau règlement disciplinaire prévoit toutefois des changements dans la façon de gérer le plagiat dans les travaux d’équipe.

Informer les étudiants

Malgré la hausse des cas d’infractions, Mme Richer affirme néanmoins ne pas être préoccupée par la situation. «Si c’est une augmentation du nombre de dénonciations, tant mieux, on va les traiter», lance-t-elle, tout en ajoutant que l’administration travaille étroitement avec les associations étudiantes afin de diffuser de l’information sur le plagiat et de faire de la sensibilisation.

«Il faut s’assurer que tout le monde est au courant de ce qu’est le plagiat. On a beaucoup de travail de formation à faire», ajoute la secrétaire générale. Lorsqu’ils se font coincer, les étudiants sont encore nombreux à affirmer qu’ils ne savaient pas qu’il s’agissait de plagiat, précise-t-elle.

De son côté, la CADEUL, qui regroupe les associations étudiantes de premier cycle, a refusé de commenter ces chiffres parce qu’elle n’en avait pas encore pris connaissance.

Il a par ailleurs été impossible d’obtenir de réaction de la part du Syndicat des professeurs de l’Université Laval au cours des derniers jours.

Nombre d’infractions aux études à l’Université Laval

2011-2012 ► 56
2012-2013 ► 105
2013-2014 ► 101
2014-2015 ► 136
2015-2016 ► 212
 
Sur les 212 infractions recensées en 2015-2016
  • 116 cas de plagiat
  • 43 cas de tricherie
Répartition des plaintes reçues par faculté
  • 25 % Faculté de sciences et génie
  • 18 % Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique
  • 17 % Faculté des sciences de l’administration