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Dépister la maladie mentale avant son diagnostic

Québec investit près de 24 M$ dans la recherche

Quebec
Photo Stevens LeBlanc La rénovation des laboratoires de neurophotonique et de neuroimagerie du CRIUSMQ est amorcée. De l’équipement et une animalerie figurent aussi sur la liste des ajouts. Sur la photo, Pierre Marquet, psychiatre et responsable de la chaire de recherche.

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Le Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Québec (CRIUSMQ) a obtenu mardi un financement additionnel de près de 30 M$ pour ses travaux visant à détecter les signes avant-coureurs des maladies neurologiques et psychiatriques afin d’en améliorer les traitements.

«Une fois que la maladie grave est détectée, prenons l’Alzheimer par exemple, il est souvent trop tard pour traiter, et on ne peut pas vraiment renverser parce qu’il y a des cellules du cerveau qui sont mortes», a indiqué le directeur scientifique du CRIUSMQ, Yves De Koninck. «La clé est la détection le plus tôt possible, et c’est vraiment le créneau qu’on s’est donné, et on développe tout l’arsenal pour y arriver.»

Infrastructures bonifiées

À cet effet, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a notamment confirmé, mardi, l’octroi de près de 24 M$ de Québec qui permettront au CRIUSMQ d’acquérir de nouveaux équipements, d’aménager des laboratoires de neurophotonique et de neuroimagerie ainsi qu’une animalerie.

«La santé mentale, c’est quelque chose, maintenant, qui va bien au-delà du médicament ou du divan, pour caricaturer. C’est vraiment de la recherche fondamentale et de l’innovation», a avancé le ministre lors du point de presse.

Le projet du CRIUSMQ, qui est évalué à près de 30 M$, sera également financé par le CIUSSS de la Capitale-Nationale et la Fondation de l’Institut grâce à des investissements respectifs de 1,7 M$ et 4 M$. Ces subventions permettront d’accueillir la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur la neurophotonique, dont le titulaire est le psychiatre et ingénieur physicien Pierre Marquet.

Retard important

Le chercheur suisse, qui s’intéresse notamment à la détection précoce des maladies mentales chez les jeunes, scrutera à la loupe le cerveau afin d’y repérer les signes avant-coureurs de la maladie et «d’empêcher la trajectoire» vers celle-ci. «On accuse un énorme retard», a avoué M. De Koninck. «Ça a pris beaucoup de temps, notamment à cause de la stigmatisation. [...] Il faut changer cette mentalité et voir que les maladies qui touchent le cerveau sont des maladies comme les autres, qu’on est capable de prévenir, qu’on est capable de traiter.»

Que ce soit pour la schizophrénie, la bipolarité ou les troubles anxieux, notamment, l’objectif sera d’offrir un traitement adapté à chaque patient bien avant que la maladie n’opère et sans nécessairement opter a priori pour la médication. «[...] On parle de tissu protecteur, des gens qui vont s’assurer que dans son parcours de vie, on va l’aider [le jeune] à travers les différentes étapes. Les résultats montrent déjà que la prise en charge des jeunes améliore l’issue», a exposé M. De Koninck.