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Entre la mosquée et l’hôtel cinq étoiles

Bar de l'hôtel Saratoga, le Cuba des riches et des touristes américains.
Photo Lise Ravary Bar de l'hôtel Saratoga, le Cuba des riches et des touristes américains.

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Aujourd’hui, la répression est surtout économique. Les Cubains ordinaires existent en mode survie. Mais seul un imbécile refuserait d’admettre que bien des choses ont changé.

Il y a des églises, dont la spectaculaire cathédrale orthodoxe russe, des synagogues... derrière des amas de barbelés. Et, depuis un an environ, une très belle mosquée aménagée dans un local loué au gouvernement dans le Vieux-Havane.

«Bien des gens n’aimaient pas Fidel», me dit Yahya Pedro, le président de la Ligue islamique, un des 7000 musulmans de l’île. «Mais autant de Cubains l’adulaient. Avant Fidel, nous crevions de faim. Ce n’est plus le cas, voyez-vous.» Il n’ira pas plus loin.

On se quitte après une heure puisqu’il est attendu Plaza de la Revolucion avec les autres leaders religieux pour une dernière cérémonie en mémoire de Fidel.

La synagogue du Vieux-Havane, protégée de barbelés, contraste avec le Cuba cossu.
Photo Lise Ravary
La synagogue du Vieux-Havane, protégée de barbelés, contraste avec le Cuba cossu.

Chez les riches

Lunch à l’hôtel Saratoga, une splendeur postcoloniale rénovée au goût du jour. Les chambres se louent 300 $ US et plus, mais le sandwich jambon-fromage à 15 $ US ne goûte rien. «Por favor senor, salsa piquante!»

J’ai profité de l’excellent wifi au bar à 10 $ US l’heure, en observant discrètement la faune, à la recherche de proies à interviewer. Il n’y a que des Cubains en costume-cravate, porte-documents italiens sous le bras et iPhone 7 à la main. Une élite qui ressemble à toutes les élites mondialisées. Ils travaillent pour le gouvernement, me dit le portier.

Il y a 35 ans, l’élite était composée de néo-Soviétiques basanés.

Il fait 30 degrés, mais ils ont tous l’air frais comme des concombres.

Tentatives respectueuses de contacts, en vain. Messieurs sont trop occupado. Ils me parlent en regardant leur téléphone. Je constate que la tribu n’est composée que d’hommes blancs. Quelqu’un m’a dit que l’égalité hommes-femmes avait régressé depuis le retrait de Fidel. Ici, les seuls Noirs travaillent pour l’hôtel.