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Essaye-le donc !

Essaye-le donc !
Photo Agence QMI

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Une association étudiante du collège Dawson encourage les étudiantes à essayer le hijab pour quelques instants. Le but est d’ouvrir les esprits. N’existe-t-il pas de moyen plus reconnu pour comprendre quelqu’un que de se mettre dans sa peau?

En théorie, l’exercice paraît vertueux, un exemple d’ouverture, une célébration de la société de demain telle que vue par Justin Trudeau. Les responsables de l’association étudiante insistent pour dire qu’il n’est pas question de faire la promotion d’une religion. L’objectif consiste strictement à améliorer la compréhension les uns des autres.

Quelle compréhension? Ce que le jeune plein d’ouverture d’esprit comprendra du hijab dépendra de ce qu’on lui présentera. L’ouverture d’esprit ne doit pas remplacer l’information, la connaissance des faits.

Information

On nous dit que des feuillets d’information visant à démystifier le hijab seront remis aux intéressés. Je doute fortement qu’on y explique que les voiles islamiques prenaient de moins en moins de place il y a un demi-siècle, alors que des pays comme la Turquie ou les États du Maghreb s’étaient laïcisés.

Explique-t-on dans cette documentation que le retour du port des voiles coïncide avec la montée d’une idéologie qu’on appelle l’islam politique? Qu’en Iran, le retour massif des voiles fut une conséquence de la révolution islamique de l’Ayatollah Khomenei en 1979? Pas certain.

Loin de moi l’idée de faire supporter le poids de l’Histoire par chaque jeune fille qui porte un voile. Le hijab est certainement moins chargé symboliquement que le niqab ou la burqa. Ce n’est qu’un foulard qui laisse le visage découvert. Il faut quand même savoir ce qu’il représente. Les pays qui valorisent le voile ne sont pas des modèles pour le droit des femmes.

Quoi qu’on dise, le hijab s’inscrit dans une vision de la nécessité de cacher un peu la femme sur la place publique. Le port de ce foulard particulier porte un message et ce n’est pas un hasard si l’on en voit de plus en plus.

Les jeunes d’un cégep doivent-ils éviter de se poser toutes ces questions lourdes? Il semble que des jeunes filles y voient un accessoire plutôt coquet, qu’on peut agrémenter de couleurs et de motifs variés.

Je ne serais même pas surpris que nous commencions à voir des jeunes femmes non-musulmanes porter le hijab pour accompagner les autres et pour faire «cool». Quoi qu’on dise, il s’agit d’un signe religieux que la Commission Bouchard-Taylor a bien identifié comme tel.

S’habituer

La station de télévision torontoise Citynews se vantait récemment de mettre en onde la première lectrice de nouvelle au Canada qui présente le bulletin avec un hijab. Ma collègue Sophie Durocher constatait avec raison le caractère inacceptable d’un signe religieux aussi gros pour présenter l’information dite objective.

On sent bien qu’on nous prépare à voir le voile islamique devenir monnaie courante. Le controversé cours d’éthique et culture religieuse prépare d’ailleurs toute notre jeunesse à embrasser tous les symboles religieux sans se questionner.

J’ai une idée. Et si les jeunes musulmanes de Dawson pouvaient participer aussi à une expérience en essayant une journée sans voile... Pensable?