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Justice en crise : Lisée dénonce des coupes de 24 millions de dollars depuis 2014

PQ
Simon Clark/Agence QMI

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Philippe Couillard promet des ressources d’urgences le directeur des poursuites criminelles et pénales pour endiguer la crise du système de justice alors que Jean-François Lisée estime que les coupes de 24 M$ depuis l’élection des libéraux ont aggravé le problème.

«Nous allons ajouter des ressources à court terme», a affirmé le premier ministre mercredi lors de la période de questions. M. Couillard dit qu’il prend la situation au sérieux, alors que la ministre de la Justice Stéphanie Vallée a reconnu que d’autres procès pourraient avorter en raison des délais trop longs.

24 M$ de coupes

Du côté du Parti québécois, on affirme que la crise qui secoue le système de justice québécois a été aggravée par des coupes de 24 M$ depuis l’élection du gouvernement Couillard.

«Le chiffre du jour c’est 222 [procès qui pourraient avorter]. Aujourd’hui c’est 223, et ça va être plus demain, et après demain. Ça va être comme ça pendant toute la semaine. Nous avons devant nous une crise grave d’administration de la justice», a lancé M. Lisée mercredi lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

M. Lisée souligne que le budget de l’administration de la justice est passé de 307 M$ en 2014 à 283 M$ en 2016, une diminution de 24 M$. Simplement l’an dernier, 38 postes à temps plein ont été supprimés à la direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Ces compressions ont été faites alors que les délais en justice augmentaient et que des super procès se dessinaient.

L’arrêt Jordan, une décision de la Cour suprême qui fixe la durée raisonnable pour qu’un accusé subisse son procès à 30 mois, a précipité la catastrophe.

«Point de rupture»

Dans les dernières semaines, plusieurs accusés se sont retrouvés libres comme l’air grâce à une demande d’arrêt de procédures. Les libérations de Salvatore Cazzetta et la libération de Luigi Coretti ont fait les manchettes. M. Lisée craint maintenant que l’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt, accusé de gangstérisme, «puisse se prévaloir de ce gâchis pour essayer de se soustraire à la justice». Il y voit là un «point de rupture» où les citoyens perdraient confiance dans l’État de droit.

«On est proche du point de rupture de la confiance. S’il fallait que quelqu’un qui est accusé de gangstérisme, Gilles Vaillancourt, qui était protégé par Jean Charest selon Tom Mulcair, qui échappe à la justice... je ne veux même pas l’envisager. Ce n’est pas envisageable pour la confiance en nos institutions», a-t-il dit.

Legault dénonce

Le chef de la CAQ François Legault s’en prend lui aussi à Stéphanie Vallée, qui se défend en disant qu’elle a embauché 15 procureurs depuis juillet. «Bien, écoutez. On a en a enlevé 27, et la on en met 15. Au net, là, il y en a moins. Il en manque. Donc, on a besoin d'un plan plus costaud», a-t-il dénoncé.

Selon lui, ça «envoie un mauvais message» aux fraudeurs : «On a juste à étirer nos affaires, poser beaucoup de questions, avoir beaucoup de documents et on va être hors délais», a déploré M. Legault.

Il a aussi dénoncé le «tri» du DPCP, qui, dans le contexte, priorise les crimes contre la personne aux dépens des crimes économiques. «C’est discutable. C’est peut-être au gouvernement de fixer une liste de priorités. Devrait-il y avoir un fast track pour certains dossiers ? Je pense entre autres à la fraude, avec tout ce qu’on a vécu avec le scandale de la corruption, il y a urgence d’agir», a dit M. Legault.