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Les vandales

Les vandales
photo agence QMI

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Encore une fois, Hochelaga vient d’être frappée par des petites brutes qui s’opposent à ce qu’ils appellent la «gentrification» du quartier.

Dans la nuit du 27 au 28, plusieurs commerces du quartier ont été vandalisés. Vitres défoncées, peinture un peu partout aspergée, le message lancé aux petits commerçants visés est clair: vous n’êtes pas les bienvenus dans le quartier.

Ces attaques se sont multipliées cette année. Elles révoltent­­ ceux qui refusent de se laisser embrigader dans la guéguerre révolutionnaire.

Embourgeoisement

Officiellement, il s’agit de protéger le quartier contre l’embourgeoisement.

Que feraient les démunis­­ dans un quartier où se multiplieraient les commerces auxquels ils n’auraient pas accès?

Quel sera leur sort si les loyers augmentent et qu’il devient de plus en plus difficile de se loger?

Les groupes anarchistes qui sont manifestement à l’origine de ces attaques contre les commerces se présentent comme des brigades d’autodéfense populaires­­ dans la lutte des classes.

Pour ces brigades clandestines, la violence est un moyen légitime pour se protéger de l’invasion bourgeoise.

Elles s’imaginent dans une sorte de guerre sociale. Et dans cette guerre, le droit comme la propriété privée sont des armes au service des riches et des puissants.

Pour ces commandos, il ne faut pas céder aux illusions de la paix civile. Elle masquerait la domination des uns par les autres. Il faudrait en fait la faire éclater, pour que tous comprennent la violence intrinsèque du système capitaliste.

Autrement dit, nos anarchistes vivent dans une bulle idéologique réconfortante et ne veulent pas en sortir.

Ils savent qui sont les gentils et qui sont les méchants. Ils attaquent les commerces sans mauvaise conscience.

Ce sont des groupes semblables, probablement, qui chaque année, organisent­­ une marche contre la brutalité policière, où ils attaquent les policiers­­ pour ensuite se plaindre de leur riposte.

Là aussi, leur objectif, c’est d’instaurer un climat de guerre civile où ceux qu’on présente comme les bénéficiaires du système auront peur et apprendront à trembler.

Il y a sans aucun doute des quartiers marqués par la pire misère. Mais la grande erreur de la gauche la plus radicale, c’est de voir dans la pauvreté une marque d’authenticité.

Violence

Comme dirait l’autre, c’est une idée chrétienne devenue folle.

On connaît la parole du Christ: «il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu». Certains en concluent que les miséreux seraient plus vertueux.

Erreur. Ils sont simplement dépossédés.

Il ne faut pas les idéaliser dans leur misère, mais œuvrer à leur enrichissement. C’est une tâche politique.

Le capitalisme, pour peu qu’il soit encadré, n’est pas un jeu à somme nulle. Quand un quartier s’enrichit et se développe, ce sont tous ceux qui y vivent qui en profitent. Les opportunités se multiplient, les services s’améliorent, la vie peut gagner en qualité.

En croyant protéger les gens d’Hochelaga­­, en faisant fuir les commerçants, en gâchant la vie des uns et des autres, les commandos d’extrême gauche enferment les pauvres dans leur pauvreté.