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Si l’injustice vous choque...

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J’ai grandi à Montréal dans le quartier ouvrier de St-Michel. Nous étions pauvres, mais la gentillesse des gens, doublée de la mixité sociale et ethnique du voisinage, compensait amplement. Et ce, bien avant que l’expression «vivre-ensemble» ne soit à la mode...

Les commerces du quartier en étaient aussi un élément essentiel. Souvent modestes, on y trouvait néanmoins nos petits trésors. J’admirais profondément ces femmes et ces hommes commerçants. Leurs heures de dur travail ne se comptaient même pas tellement elles s’enlignaient sans fin.

Lot de problèmes

Enfant puis ado, j’aurais quand même bien aimé voir ouvrir ici et là quelques commerces plus, disons, audacieux. Question de rêver. Question d’ajouter encore plus à la variété de nos environs. Aujourd’hui, on appelle ça de l’«embourgeoisement». Dans les faits, c’est de la diversification.

Ça charrie certes son lot de problèmes. Le prix des loyers monte. Le contraste entre les condos qui sortent de terre et les maisons plus anciennes prend parfois des airs de ségrégation sociale.

Mais vous les vandales, qui, dans Hochelaga-Maisonneuve, saccagez lâchement en pleine nuit des commerces pour protester contre l’«embourgeoisement», vous attaquez le gagne-pain des travailleurs, des créateurs et des habitants du quartier.

Immoral

C’est illégal, criminel et carrément immoral. Vous frappez HoMa et ses gens en plein cœur. Vous empoisonnez leur vie et celle du quartier. Ce faisant, vous méprisez leur labeur et leur vulnérabilité.

Si l’injustice sociale vous choque avec raison, agissez plutôt de manière constructive. Sortez au grand jour comme l’ont fait les étudiants au printemps 2012 de manière pacifique. Exprimez votre indignation. Militez contre l’austérité. Parlez à vos élus.

Militez pour un salaire minimum décent, une Régie du logement qui aurait enfin des dents, de vrais logements sociaux, des quartiers plus diversifiés, un système d’éducation plus équitable et des services sociaux publics et accessibles.