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Alvarez aiguise sa patience

Il pourrait attendre jusqu’au printemps 2017 avant d’affronter Stevenson

Quebec
photo d’archives Eleider Alvarez

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Eleider Alvarez n’est pas très patient de nature. Toutefois, avec les jeux de coulisses de la boxe, il s’est rendu compte qu’il n’a pas le choix de travailler sur cette facette de sa personnalité.

Alvarez (20-0,10 K.-O.) est devenu aspirant obligatoire WBC des mi-lourds le 28 novembre 2015, alors qu’il avait vaincu Isaac Chilemba.

Depuis cette soirée, il n’a toujours pas obtenu la récompense rattachée à sa victoire: un combat de championnat du monde contre Adonis Stevenson.

Au cours des derniers mois, le promoteur des deux pugilistes, Yvon Michel, a émis la possibilité que ce choc soit présenté au début de 2017. Cependant, il est maintenant plausible qu’il soit repoussé jusqu’au printemps.

Cela signifie qu’Alvarez pourrait devoir remonter sur le ring à deux reprises avant de finalement croiser le fer avec le monarque québécois.

Michel a confirmé jeudi que ce scénario est sur la table.

«Si on est capable d’organiser un combat contre un adversaire crédible en plus d’obtenir une bourse intéressante, on y songera sérieusement, a-t-il indiqué. Si ce n’est pas le cas, Eleider affrontera Adonis Stevenson après son duel du 10 décembre.»

Pour ce qui est du principal intéressé, il est bon joueur dans les circonstances.

«Je ne suis pas frustré par ce qui arrive, car je suis très près de mon objectif [de se battre en combat de championnat], a souligné Alvarez. En attendant, je dois ­continuer de travailler fort au gymnase.

«J’espère que je pourrai avoir de bonnes nouvelles avant Noël.»

Pour ce qui est du WBC, le patron ­Mauricio Sulaiman serait en accord avec les délais des derniers mois et sa souplesse est facile à comprendre. Plus les revenus du duel Stevenson-Alvarez seront importants, plus son organisation empochera un plus gros montant pour la sanction du combat.

Les affaires avant tout

Au cours des dernières années, on a constaté que certains affrontements ont pris du temps à se réaliser.

On peut simplement penser au choc Mayweather-Pacquiao qui a mis cinq ans à se concrétiser. Les promoteurs cherchaient alors à maximiser les revenus pour la tenue de l’événement.

C’est un peu la même chose pour ­Michel avec le combat Stevenson-

Alvarez. Depuis plusieurs mois, l’homme d’affaires essaye de trouver une chaîne de télévision américaine qui serait prête à diffuser le duel entre les deux boxeurs de GYM et ainsi, de donner des bourses alléchantes à ses deux protégés.

«Eleider aurait pu affronter Adonis à l’automne, mais ça n’aurait pas été payant ni pour un ni pour l’autre», a ­précisé Michel.

Il y aurait de la lumière au bout du tunnel alors qu’il serait sur le point d’obtenir une confirmation de l’une des chaînes de Premier Boxing Champions (PBC). Le duel serait présenté en février ou en avril à Québec.

«J’ai appris durant les dernières semaines qu’il y avait un côté business derrière ce combat, a expliqué Alvarez. Le fait que Stevenson et moi sommes dans la même écurie, ça peut rendre les négociations plus difficiles.»

Il est bien conscient qu’il aurait déjà affronté Stevenson s’il avait eu un autre promoteur comme ce fut le cas pour ­Chilemba l’été dernier contre Sergey ­Kovalev.

Toutefois, il veut prouver qu’en étant patient, sa patience pourra être ­récompensée.

 

Une longue attente mise à profit

 

Même si le duel de championnat du monde WBC des mi-lourds met encore plusieurs semaines à se matérialiser, ça ne dérange pas l’entraîneur d’Eleider Alvarez, Marc Ramsay.

On peut même dire que ça fait son affaire, car ça lui donne tout le temps voulu pour bien préparer son poulain avant le grand jour.

Depuis qu’il a obtenu le titre d’aspirant obligatoire, Alvarez met les gants uniquement avec des gauchers, autant au gymnase que lors de ses combats, dont celui du 10 décembre contre le Polonais Norbert Dabrowski (19-5-1, 7 K.-O.) au Casino de Montréal.

«Ça fait plusieurs camps d’entraînement qu’on organise en mettant l’emphase sur ce type de pugilistes, a expliqué Ramsay. On a développé des automatismes en prévision de son duel contre Stevenson.»

Négligé

Quand il signera son contrat pour se mesurer à Stevenson, Alvarez sait très bien qu’il héritera du rôle de négligé.

«Plusieurs observateurs mentionnent que ce sera facile pour Stevenson et que je perdrai avant le sixième round, a affirmé le Colombien de souche avec le sourire. Ce n’est pas nouveau pour moi, car on m’a souvent sous-estimé.

«Quand j’entends ce type de commentaires, ça me rend encore plus fort.»

Il rappelle qu’il est sorti gagnant de tous les combats où on avait émis des doutes à son sujet.

S’il n’affronte pas Alvarez en février, Stevenson pourrait monter sur le ring contre Andre Ward ou Joe Smith fils.

Le premier permettrait de mettre sur pied un duel d’unification de toutes les ceintures des mi-lourds, un événement qu’on attend depuis deux ans dans le monde de la boxe.

Pour ce qui est du deuxième, il se bat contre Bernard Hopkins le 17 décembre à Los Angeles. S’il l’emportait, ça lui ferait deux grosses victoires en 2016 (l’autre a été réalisée contre Andrzej Fonfara) et ça pourrait lui ouvrir la porte pour une chance au titre WBC des 175 lb.