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Couillard joue de la harpe

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Que diriez-vous si les urgences renvoyaient les gens chez eux plutôt que de les soigner? Ou si une partie significative des enfants du Québec n’avait pas de place dans une école?

C’est pourtant là où nos tribunaux en sont rendus et le gouvernement n’a annoncé strictement rien de neuf pour faire face à la situation.

Procès avortés

La ministre de la Justice a admis que 222 causes pendantes au criminel faisaient l’objet de requêtes en arrêt de procédure arguant que les accusés ont trop attendu avant de subir leur procès.

Ça fait suite à l’arrêt Jordan, rendu en juillet, lequel établit que le délai raisonnable avant qu’une cause ne soit entendue devait se situer entre 18 et 30 mois. Depuis, c’est l’hécatombe: les Hells ont fait avorter leurs procès et plusieurs coaccusés de Gilles Vaillancourt tentent de faire de même.

Le problème, c’est que nos tribunaux étaient déjà en crise avant. Dès janvier, la bâtonnière du Québec a lancé un cri d’alarme. Fait exceptionnel, la juge en chef adjointe de la Cour du Québec l’a fait aussi. La députée Véronique Hivon talonne le gouvernement.

Qu’a fait ce dernier? Strictement rien, sinon que de continuer d’imposer à notre système de justice un régime d’austérité. Vingt-quatre millions lui ont été retirés depuis trois ans.

Indifférence

La crise n’est pas hypothétique ou même imminente. Ça, c’était en janvier. Aujourd’hui, elle est en cours, le point de rupture est dépassé.

L’Ontario – qui fait face à une situation similaire, mais moins critique – a annoncé cette semaine la création de 13 nouveaux postes de juges.

Et qu’a obtenu la ministre Stéphanie Vallée au moment où notre État ne peut plus assurer une de ses fonctions les plus importantes depuis l’Antiquité, soit celle de rendre la justice?

Absolument rien. Néron Couillard joue de la harpe en regardant notre système de justice brûler. En fait non. En trois semaines, il n’aura assisté qu’à trois périodes de questions sur neuf.

On ne peut même plus dire que le gouvernement ne fait rien. C’est plutôt comme s’il n’y avait plus de gouvernement au Québec.