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Pare-feux du maire

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Pour son dernier budget avant l'élection, auriez-vous imaginé le maire Labeaume venir expliquer aux citoyens de Québec pourquoi le gel de taxes promis pour 2017-2018 se traduirait dans les faits, pour plusieurs, par des hausses dues à la loi sur les fusions?

Une telle situation aurait été casse-gueule, sinon insoutenable politiquement parlant. Aussi le maire a très bien vu venir la catastrophe. Il s'est donc prêté à un exercice pare-feux qu'il a tenu à expliquer hier, à quelques jours de la présentation du budget. Le maire s'évertue pourtant, d'habitude, à en garder secret le moindre élément.

Or depuis huit ans, M. Labeaume n'arrive pas à faire bien comprendre pourquoi l'augmentation des taxes à l'inflation ne se traduit pas de la même façon selon le secteur. La Ville doit en effet composer avec les relents des fusions: des sommes prévues en fonction de la loi (harmonisation et dettes des anciennes villes) viennent s'ajouter à l'augmentation moyenne des taxes selon l'inflation.

Les calculs sont compliqués, et les chiffres sont donc facilement contestables, tant par l'opposition qui a tout avantage à jouer sur ce tableau, que par des observateurs peu aguerris. Il s'en serait rapidement dégagé que le maire n'aurait pas respecté sa promesse, et c'est ce que la population aurait retenu.

Coût de la promesse

Le maire a donc pris le taureau par les cornes. Il a trouvé le moyen de faire en sorte que les gels de taxes se traduisent par des gels pour tous, et même de légères baisses de taxe dans bien des cas. Il vient ainsi de clouer le bec à ses détracteurs.

Clairement, M. Labeaume aurait pu se prêter au même exercice au cours des années précédentes. Rien ne l'en aurait empêché. Mais ça n'aurait pas été aussi «payant» d'un point de vue politique comme ce sera le cas cette année, juste à temps pour l'élection de 2017.

Quoiqu'il en soit, la promesse aura un coût, qui s'élève à 16 M$ pour 2017. Le maire promet de ne pas couper dans les services, et annoncera même lundi une hausse du budget des arrondissements, a-t-il glissé hier.

La somme devra tout de même être puisée ailleurs dans le budget. Mais qui s'en souviendra, au moment de recevoir son compte de taxes gelé, sinon légèrement inférieur à l'an dernier?