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Québec annonce 20 millions $ pour lutter contre l’analphabétisme

Un plan d’action est en préparation

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx
Photo Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

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Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, fait un premier pas dans la lutte à l’analphabétisme en injectant 20 millions $ supplémentaires qui serviront notamment à lutter contre ce problème qui «ronge» le Québec.

C’est ce qu’il a annoncé vendredi midi, lors de la clôture de la consultation nationale sur la réussite éducative, qui se déroulait à Québec depuis jeudi, en présence d’une centaine de participants.

«L’analphabétisme ronge nos priorités sociales et économiques, c’est un frein à notre prospérité, a déclaré le ministre Proulx. C’est une obligation et une responsabilité qui nous incombe à tous.»

Cet argent servira notamment à soutenir les organismes d’alphabétisation de même que ceux qui luttent contre le décrochage scolaire et offrent de la formation continue. Ces organismes, subventionnés via le Programme d’action communautaire sur le terrain de l’éducation (PACTE), verront leur financement passé de 18 $ à 27 millions $.

Ce financement n’avait pas été indexé depuis 2008, hormis une récente bonification de 6%, qui n’était pas récurrente.

Ligne téléphonique Allo-Parents

Par ailleurs, 1,5 million $ sera consacré à la création de la ligne Allô Parents, qui sera pilotée par Allô profs. Les parents pourront obtenir des réponses à leurs questions concernant le parcours scolaire de leur enfant via cette ligne téléphonique, réclamée par la Fédération des comités de parents du Québec.

Les instances de concertation de lutte au décrochage scolaire récoltent de leur côté 3 millions $.

Ces montants supplémentaires font partie du réinvestissement annoncé la semaine dernière lors de la mise à jour économique et découlent aussi de sommes annoncées dans le dernier budget. Le gouvernement Couillard prévoit injecter 35 millions $ supplémentaires en éducation en 2016-2017 et 110 millions $ en 2017-2018.

Du côté du Parti québécois, le député Alexandre Cloutier a tenu à rappeler les récentes compressions en éducation. «On a fait 100 pas en arrière et là le gouvernement fait un pas en avant», a-t-il lancé.

Le ministre Proulx travaille par ailleurs à l’élaboration d’un plan d’action plus détaillé visant à lutter contre l’analphabétisme. Sa politique de la réussite éducative sera quant à elle déposée d’ici le printemps, a-t-il précisé.

Au Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ), on se réjouit de l’ajout de cet argent neuf, espéré depuis longtemps. Reste à voir comment seront partagés les 9 millions $ supplémentaires entre les différents types d’organismes financés par le PACTE, qui dans l’ensemble estimaient le manque à gagner à environ 15 millions $.

Manque de cohérence dénoncé

Le RGAPQ continue par ailleurs de dénoncer l’adoption récente de la loi 25, qui serait «incohérente» avec la volonté du gouvernement Couillard de lutter contre l’analphabétisme.

Cette loi prévoit que les nouveaux demandeurs d’aide sociale verront leur chèque amputé s’ils refusent de participer à un programme d’intégration à l’emploi ou de formation.

Au cabinet du ministre du Travail, on affirme au contraire que cette loi incitera des adultes à entreprendre une démarche d’alphabétisation, puisque ceux qui participeront à un programme de formation verront leur chèque bonifié pendant la période obligatoire de 12 mois.

Or ce n’est pas la voie à suivre, selon le RGPAQ. «On sait très bien qu’avec les personnes peu alphabétisées, ce n’est justement pas le type d’approche à adopter. Tu ne peux pas les forcer à aller en formation», affirme son président, François Brassard.

Cette loi va à l’encontre de la lutte à la pauvreté, liée à la lutte à l’analphabétisme, ajoute sa collègue, Caroline Meunier : «Il faut qu’il y ait une cohérence gouvernementale. Si un ministère fait quelque chose qui défait ce que l’autre fait, on recule.»