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Une vraie bonne idée

Les survivants du cancer ne sont pas des gens finis qui attendent la prochaine maladie

Doctor talking to her patient in her office
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Alors que les couteaux volent bas à l’Assemblée nationale (fin de session, élections partielles), une idée hautement valable devrait réunir les gens de toutes allégeances. Le Parti québécois propose de s’attaquer à la discrimination économique qui frappe les survivants du cancer.

Cette proposition appelée le «droit à l’oubli» consiste à adopter une loi permettant à un survivant du cancer de ne plus voir son dossier médical affecter à jamais sa capacité d’obtenir des assurances ou des services financiers. Aujourd’hui, ces personnes sont parfois refusées ou forcées de payer d’énormes suppléments.

La suggestion émane des associations qui militent pour les personnes atteintes du cancer et avait été reprise par Alexandre Cloutier dans sa course à la direction du PQ. Certaines juridictions, comme la France, sont déjà passées à l’action en la matière.

Peu importe de qui provient la proposition, aucune forme de partisanerie ne saurait être tolérée sur un sujet aussi universel et aussi humain. Le cancer est omniprésent autour de nous et le fait nouveau, avec l’évolution de la médecine, c’est le grand nombre de survivants.

Retour à une vie « normale »

Les survivants du cancer ne sont pas des gens finis qui attendent la prochaine maladie. Ce sont des gens actifs, des travailleurs, des parents, des soutiens de famille, des personnes qui ont les mêmes besoins que les autres en matière d’assurances ou d’obtention d’un prêt.

Je pense à ceux qui vainquent un cancer dans la vingtaine ou la trentaine. Ils se sont déjà battus contre la maladie. Dans bien des cas, ils y ont perdu des revenus, en plus de la souffrance évidente. Faut-il en plus qu’ils portent pendant des décennies le stigmate de leur maladie dès qu’ils font une demande d’assurance?

Les conséquences économiques d’un cancer sont déjà vécues par des milliers de personnes. Or la moindre analyse des projections en matière de cancer fournit un portrait de ce qui nous attend. Près de la moitié de la population aura un cancer au cours de sa vie. De ce nombre, près des deux tiers y survivront. Ce sont donc des milliers et des milliers d’entre nous qui porteront ce titre de survivants du cancer.

Les enfants

Chez les enfants aux prises avec l’horrible maladie, la Coalition priorité cancer considère que le taux de survie dépassera les 80 %. C’est une merveilleuse nouvelle. Ce sont néanmoins des milliers de citoyens qui n’ont pas encore commencé leur vie économique. Seront-ils privés de l’accès à une propriété en raison de cet antécédent? Question sérieuse.

En matière de cancer, nous avons investi, comme société, des efforts immenses dans la recherche de solutions médicales permettant la survie. Nous avons aussi beaucoup travaillé, ces dernières années, pour permettre une fin de vie dans la dignité à ceux qui ne peuvent malheureusement pas s’en sortir. Je suppose que l’heure est venue de mettre en place les conditions pour que les survivants, de plus en plus nombreux, aient accès à la reprise d’une réelle vie normale.

Députés de tous les partis, merci à l’avance.