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Deux cadres sont mis à la porte à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys

L’UPAC se penche sur des allégations d’irrégularités à la CSMB

Ayaz Poundja nie avoir favorisé un architecte, qu’il qualifie «d’ami», pour la rénovation de l’école Enfant-Soleil, en 2013.
Photo ben pelosse Ayaz Poundja nie avoir favorisé un architecte, qu’il qualifie «d’ami», pour la rénovation de l’école Enfant-Soleil, en 2013.

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Jean-Louis Fortin et Sarah-Maude Lefebvre

La deuxième plus grande commission scolaire du Québec vient de congédier deux cadres à la suite d’allégations de favoritisme à l’endroit d’une firme d’architectes et l’UPAC fait enquête.

C’est la première fois que la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB) met à pied des membres aussi haut placés dans son organisation.

Le 19 octobre, elle a montré la porte aux têtes dirigeantes de son service des ressources matériel­les: le directeur Ayaz Poundja et la directrice adjointe Isabelle Garon.

Ayaz Poundja, Mis à la porte
Photo d'archives
Ayaz Poundja, Mis à la porte

Un mois auparavant, la CSMB avait décelé des «irrégularités» dans les contrats accordés par ce service à la suite de vérifications internes. Rapidement, elle a alerté l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

«On avait suffisamment d’informations pour procéder aux congédiements. Il y a eu un bris de confiance avec l’organisation. C’est inacceptable», a commenté le directeur général de la CSMB, Dominic Bertrand.

Dépassements de coûts

Le service des ressources matérielles est responsable d’accorder les contrats pour le parc immobilier de la commission scolaire.

Selon l’avocat de M. Ayaz Poundja, la CSMB reprocherait à son ancien directeur une proximité avec «Siamak Barin, de la firme d’architecte Barin, lequel est un ami de longue date de M. Poundja».

Dominic Bertrand, DG de la CSMB
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Dominic Bertrand, DG de la CSMB

«M. Poundja nie les faits qui (lui) sont reprochés (...) M. Poundja n’a jamais favorisé cette entreprise», nous a toutefois indiqué par courriel Me Karl-Emmanuel Harrison.

Selon ce dernier, la CSMB reproche à M. Poundja une «mauvaise gestion qui aurait mené à un dépassement de coûts» lors de l’agrandissement de l’école primaire Enfant-Soleil, en 2013-2014. C’est la firme Barin qui avait été choisie pour ce projet de 7 M$.

L’ordinateur personnel de M. Poundja a été saisi à sa résidence par l’UPAC, en octobre.

La CSMB dit attendre les conclusions de l’UPAC pour déterminer si de l’argent public a été détourné dans cette affaire.

Un homme d’une « grande intégrité »

Siamak Barin, Architecte
Photo d'archives
Siamak Barin, Architecte

Même s’il admet être un ami de l’ancien directeur des ressources matérielles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, l’architecte Siamak Barin nie avoir été favorisé et jure que Ayaz Poundja est un homme d’une «grande intégrité».

Joint hier au téléphone, le fondateur de la firme Barin s’est défendu d’avoir bénéficié d’un traitement de faveur dans l’octroi d’un contrat de 7 M$ pour la rénovation d’une école primaire de Montréal en 2013.

«J’ai commencé [à travailler pour la] CSMB avant l’arrivée de M. Poundja. Oui, je le connais depuis 15 ans, depuis le début de ma pratique. Mais ça n’a rien à voir avec ce dossier», a indiqué M. Barin.

«Pour autant que je sache, nous n’avons jamais été favorisés. M. Poundja a toujours été d’une grande intégrité. Si quelqu’un fait des magouilles, soyez certains que je ne serai pas ami avec lui.»

Dossier « complexe »

Selon M. Barin, les dépassements de coûts survenus dans l’agrandissement de l’école s’expliquent par la «complexité» du projet.

«Il y a supposément des allégations, mais c’est circonstanciel. (...) C’est très difficile de mettre le doigt dessus. Je ne peux pas résumer quelque chose qui a pris trois ans à faire en une phrase.»

Renvoi contesté

M. Poundja n’a pas voulu nous accorder d’entrevue et nous a adressés à son avocat. Il conteste actuellement son congédiement.

L’Association québécoise des cadres scolaires, qui le défend dans ce dossier, a aussi décliné notre demande d’entrevue.

M. Poundja et l’ex-directrice adjointe, Isabelle Garon, ne font face à aucune accusation criminelle.