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Des chauffeurs d’autobus à l’origine d’une page Facebook contre le SRB

Des chauffeurs d’autobus à l’origine d’une page Facebook contre le SRB
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Trois chauffeurs d’autobus seraient à l’origine de la page Facebook «NON au SRB Québec», a appris le journaldequebec.com

Cette page, qui aurait été créée notamment avec un homme d’affaires et un avocat vise à demander une consultation publique avant d’aller de l’avant avec le projet de service rapide par bus (SRB).

En tout, une dizaine de personnes seraient derrière cette page Facebook qui cumule près de 2500 abonnés une semaine après sa création.

«Nous autres on s’est dit: “Un instant! La population n’est pas écoutée et n’a jamais été consultée là-dessus!” Nous, dans le fond, ce qu’on veut ce n’est pas d’empêcher un SRB parce qu’on croit que le transport en commun c’est important dans la Ville de Québec, c’est un moyen qui transporte énormément de gens et qui fonctionne très bien. Contrairement à ce que les gens disent, les autobus sont pleins. On est loin d’être contre le transport en commun, mais le transport en commun ne sert qu’une petite partie de la population», explique l’un des fondateurs de la page qui désire garder l’anonymat.

Selon lui, la population souhaite avant tout un troisième lien et il considère qu’il vaudrait mieux optimiser le réseau de transport en commun déjà existant sur les deux rives plutôt que de dilapider des fonds publics dans un service que les gens n’ont pas désiré et qu’ils n'utiliseraient peut-être pas.

«Il y a déjà un transport interrives qui se fait. S’il y avait une meilleure collaboration – voire même une fusion – entre les deux sociétés de transport, il serait possible d’optimiser les services pour desservir la population en attendant la construction d’un troisième lien. Tout ça peut se faire à moindre coût qu’un SRB à 1,4 G$, un système qu’on n’est même pas sûr que la population veut et va utiliser. On n’est pas des banques à pitons, nous les contribuables. On a une certaine limite», croit-il.

Le journaldequebec.com s’est entretenu avec un autre membre de ce regroupement. L’homme d’affaires qui souhaite ne pas être identifié pour le moment croit que le SRB n’est pas la solution pour enrayer les problèmes grandissants de trafic dans la Vieille Capitale.

«On m’a approché pour faire partie de ce mouvement-là et je trouvais que c’est une excellente idée. Si on veut, dans le futur, avoir une meilleure qualité de vie pour nos familles, et si on veut désengorger le trafic, c’est vraiment un troisième lien que ça prend et non un SRB, surtout que la population n’a pas été consultée. Ayant moi-même habité à Montréal et Toronto, je ne voudrais pas que ça devienne comme ça ici dans les prochaines années.»

«On voit bien qu’il n’y a rien de sérieux dans ça. [...] Visiblement, ces gens-là ne savent pas de quoi ils parlent. Ce n’est pas sérieux, ça ne tient pas la route. Un troisième lien viendrait, en quelque sorte, tirer dans les jambes du transport en commun. C’est n’importe quoi», a réagi le président du RTC, Rémy Normand.

D’ailleurs ce dernier confirme que le projet de SRB «avance bien» et qu’il ne se laissera pas «distraire» par une opposition anonyme.

«Nous on travaille à visière levée. On a un objectif et c’est le SRB. On a l’aval du gouvernement pour avancer dans ce dossier-là. Parfois il y a des radios d’opinion qui font des commentaires. Il peut y avoir des gens qui s’opposent. Moi, le fait qu’il y ait une page Facebook, en soi c’est comme le reste des autres mouvements d’opposition qui semblent se dessiner par rapport au SRB», dit-il.

Pour sa part, le syndicat des chauffeurs du RTC n’a pas souhaité commenter.

Une consultation citoyenne réclamée

Le groupe derrière la page Facebook souhaite déposer, d’ici le printemps, une pétition à l’Assemblée nationale demandant une consultation publique au sujet du SRB.

«Ce qu’on voit à travers tous les sondages qui ont été faits au cours de l’année 2016, c’est que la population n’est pas nécessairement en faveur d’un SRB et privilégie un troisième lien. Le maire Labeaume a l’air pressé de faire son projet et ne nous écoute pas! Le maire n’a pas demandé à sa population et il n’a pas de mandat démocratique à ce niveau-là. La population ne s’est pas prononcée démocratiquement. Nous, ce que l'on veut, c’est une représentativité de la population et leur opinion à eux. On veut exiger un référendum en ce sens là», explique l'un des fondateurs de la page.

Si le maire de Lévis Gilles Lehouillier s’est récemment montré en faveur de la possible tenue d’un référendum sur un SRB, son homologue de Québec, Régis Labeaume, refuse de se prononcer sur la question.

«Je vais vous décevoir (...) Moi, je n’ai aucun commentaire à faire là-dessus puis n’insistez pas. Je n’ai vraiment aucun commentaire à faire», a-t-il fait savoir aux journalistes jeudi.