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Leitao s’attend à des changements

Le Canada n’a jamais envoyé autant d’argent dans les paradis fiscaux

Le ministre des Finances, Carlos Leitao
Photo Simon Clark Le ministre des Finances, Carlos Leitao

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Pendant que l’opposition s’exaspère, le ministre des Finances Carlos Leitao a tenté de se montrer plus rassurant concernant l’explosion des sommes canadiennes transférées dans les paradis fiscaux l’an dernier.

«Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y aura un changement à partir du 1er janvier 2017», a lancé le ministre en point de presse, mercredi matin.

Selon lui, la hausse des montants envoyés au soleil peut s’expliquer par ces changements, soit de «nouvelles règles de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE)» qui adressent l’évitement fiscal.

Sur l’ampleur des montants, «ça ne m’étonne pas», dit-il. «Ce sont des chiffres qui doivent être pris de façon relative au PIB», a-t-il ajouté.

Mercredi, notre Bureau d’enquête présentait une compilation de données de Statistiques Canada sur les investissements étranges. 272 G$ ont été expédiés dans les paradis fiscaux l’an dernier.

L’OCDE ne change pas tout

C’est plus de trois fois le budget du Québec et comparable au budget du Canada. C’est le septième du PIB du pays et correspond à près de 8000 $ par Canadien.

La professeure en fiscalité de l’Université de Sherbrooke, Marwah Rizqy, n’est pas aussi encouragée que le ministre.

«Dans le domaine fiscal. Il n’y a pas de modification (...) Ce qui va changer à partir du 1erjanvier 2017, c’est en matière de prix de transfert (qui est une problématique fiscale internationale parmi d’autres). Les entreprises devront faire des déclarations pays par pays. Au plan canadien, ça ne change pas grand-chose, car notre loi était déjà avancée pour ça», explique-t-elle.

«Ce qu’il faut régler, c’est plutôt les questions de rapatriement des profits et là-dessus, je n’ai rien dans mon radar qui laisse présager des modifications législatives afin de fermer la porte».

Tant que c’est légal...

Le député péquiste porte-parole en matière de Finances, Nicolas Marceau, a le même avis. «Ce n’est pas compliqué. L’évitement fiscal est légal et ça continuera de l’être tant que gouvernement fédéral ne le rendra pas illégal.»

Selon lui, «Ottawa n’a aucune volonté de changer les choses», lance-t-il, rappelant la motion que le gouvernement Trudeau a rejetée cet automne afin de se pencher sur l’évitement fiscal canadien à la Barbade.

Le député de Québec Solidaire, Amir Khadir a aussi tenu un point de presse pour souligner sa grogne. «Je suis choqué! Je veux rappeler au premier ministre et à son ministre de Finances, qu’avec tout le retard qu’ils ont pris à régler ça, l’année dernière, encore 50 G$ est sorti du Québec pour aller vers ces paradis fiscaux probablement sans payer les impôts au Québec.»