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9 révélations du gérant de l’équipement du CH sur son métier et sur les joueurs

Pierre Gervais
Photo Martin Chevalier Pierre Gervais

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Le gérant de l’équipement du Canadien de Montréal, Pierre Gervais, a eu l’occasion de parler de son métier lors d’une entrevue à CHOI Radio X.

Celui qui exerce ses fonctions depuis déjà 29 saisons à Montréal a révélé plusieurs aspects de son métier qui sont méconnus du grand public.

Voici quelques une de ses révélations

#1 L’équipe à domicile lave les chandails des visiteurs

«On a une entente dans la ligue nationale. On fournit les serviettes, produits de douche, on a une liste assez exhaustive pour fournir des trucs pour qu’on en ait le moins possible à transporter avec nous. Si le club pratique, on lave les chandails de pratique, les bas de pratique, les sous-vêtements des joueurs... et si c’est le match, c’est la même chose. Tout le monde s’entraîne et on leur donne tout ce qu’ils ont besoin.»

#2 Les joueurs coupent et tapent eux-mêmes leurs bâtons

«Les gars font tout ça eux-mêmes leurs bâtons ils préfèrent les couper, les taper, ainsi de suite.»

#3 Pierre et ses deux adjoints veillent à ce que les joueurs aient tout ce dont ils ont besoin

«Moi ici j’ai trois adjoints qui sont vraiment très bons qui sont avec moi. C’est loin d’être un one man show. Disons qu’un joueur a besoin d’une paire de shorts, d’un t-shirt, des bas, des petits trucs comme ça, eux ils sont là pour répondre à ces demandes-là. On éteint des petits feux ici et là, mais ce n’est jamais rien de majeur.»

#4 Certains joueurs, dont Radulov, sont plus exigeants que d’autres!

«Ils ont pas mal tous leurs petits trucs, mais il y en a qui en ont plus que d’autres. Je dirais que Radulov, ça lui en prend beaucoup pour jouer au hockey. Il y a toujours des petites choses qui lui manquent. C’est bien correct, c’est bien poli, c’est bien cool, mais y’en a que tu n’entends jamais. [...] Brendan Gallagher tu ne l’entends jamais. Il ne demande jamais rien, ça lui en prend peu.»

«Radulov prend des lacets que personne d’autre n’a. Il a fallu que j’en commande au début de l’année. [...] Il avait ces lacets-là en Russie l’an passé. J’ai eu un petit peu de trouble à les trouver. Ce n’est pas des Bauer et des CCM. C’est une compagnie qui est toute petite. Je les ai trouvés dans un magasin de sport en Ontario, à Mississauga.»

« [Radulov] Ça arrive souvent en début de match qu’il demande une banane sur le banc. Ça, on n’avait pas ça avant. On en a à l’intérieur du vestiaire, mais pas sur le banc des joueurs!»

«L’embout de ses bâtons de hockey, ben lui [Radulov]] il veut garder les mêmes tout le temps. Donc si il casse un bâton, il faut qu’on l’enlève, qu’on lui donne et qu’il le pose sur son prochain bâton. Lui, c’est un petit morceau de bois qui a fait à sa mesure, à sa main. Il en a trois-quatre et il garde tout le temps les mêmes.

#5 Certains joueurs sont superstitieux!

«Un qui était vraiment pas pire c’est Patrick Roy. C’était un gars qui était très très superstitieux. On avait plein de trucs à surveiller pour lui. Il jouait avec une rondelle entre les périodes dans le vestiaire et il plaçait sa rondelle dans tel coin du vestiaire. Lorsqu’on était à l’étranger, il fallait toujours que j’avertisse le préposé qui s’occupait de nous : “Si tu vois une rondelle traîner par terre dans le vestiaire du Canadien, tu ne lui touches pas!”»

«Il plaçait ses choses d’une façon et il ne fallait pas y toucher. Avec son équipement, il était très difficile. Il était constamment à la recherche d’améliorations. Ça donnait des résultats au moins.»

#6 Avant qu’un échange de joueur ne soit médiatisé, les préposés à l’équipement sont déjà au courant et prêts!

«Dès que Marc Bergevin me l’apprend, on contacte le gérant de l’équipement de l’autre équipe et on s’échange des informations sur les joueurs, le numéro qu’il avait, la grandeur du chandail qu’il portait, les bâtons, les patins, son aiguisage, s’il a des choses spéciales, des petits trucs. Des fois, les joueurs ont des petites demandes spéciales. C’est ce qu’on s’échange.»

#7 Les préposés à l’équipement sont aussi sur le banc pendant une partie

«On est directement sur le banc. Moi je suis à un extrémité et mon adjoint est à l’autre extrémité, alors sur le banc on est là surtout pour éteindre des feux. S’il y a un bris d’équipement, souvent maintenant avec les nouvelles lames qu’on change, ça arrive assez souvent qu’on change une paire de lames sur le banc. Ça prend à peu près 20 secondes. Ça se passe très rapidement. Les joueurs ne manquent plus de temps de glace et les coachs sont contents aussi. C’est très pratique. C’est rare qu’on change les lames plus qu’une fois par match.»

«Maintenant avec les nouveaux bâtons en composite, ils sont plus durs que les bâtons de bois d’avant donc ça arrive souvent que les joueurs pilent sur le bâton de l’autre joueur et à ce moment-là, ça fait une coche, ça fait comme un genre de bris sur la lame et ça, il y a juste l’aiguisage qui peut arranger ça.»

#8 Les préposés ont tout pour fabriquer des chandails sur la route

«C’est déjà arrivé (qu’il y ait des oublis), mais c’est rare que ça arrive parce que mes adjoints et moi, tout ce qu’on a à amener, à paqueter, on vérifier une fois, deux fois et trois fois plutôt qu’une.»

«Moi, les chandails, c’est ma hantise. Quand je fais des chandails, c’est que je vérifie bien tous les chandails que j’apporte et que j’ai de besoin. Aussi, j’ai tout ce qu’il faut pour en faire des chandails. En dedans de deux-trois heures, on peut faire un chandail sur la route.
J’ai des chandails qui n’ont rien dessus et j’ai des numéros à part et des lettres à part. On essaie que ça arrive le moins souvent possible.»

«Je me rappelle, c’est arrivé l’an passé, je crois. C’était à la coupe Canada aux olympiques à Vancouver. Martin Brodeur était arrivé là-bas et il avait deux pads gauches! Vu qu’il demeurait  ici à Montréal, j’ai appelé un de mes adjoints et il est venu nous rejoindre à Vancouver avec la pad. C’était la seule façon de l’avoir rapidement. Il a sauté dans l’avion avec la pad à Martin Brodeur et il est venu passer une petite soirée avec nous à Vancouver.»

#9 Les responsables de l’équipement ont une machine spéciale pour éliminer les odeurs dans les équipements des joueurs

«On a un système, nous autres, qui s’appelle sanisport. C’est un genre d’un frigo en stainless. On met les mits à l’intérieur. C’est un cycle de 15 minutes. C’est comme une vapeur. C’est vraiment très très bon. Je crois que dans les magasins de sport, dans les gros magasins il devrait y en avoir. Sinon, il y a des sprays qui sont très très bons pour ça.»

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