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Elle s’est rendue malade pour plaire

Un mannequin dénonce la culture du dénigrement

En 2013, Joëlle Vaillancourt s’est classée 7e sur 4500 participantes à un concours pour une chaîne de vêtements taille forte aux États-Unis. Elle a ensuite posé pour le calendrier 2014 Rondes et jolies et les contrats de mannequins se sont multipliés.
Photo courtoisie Elise Bouchard En 2013, Joëlle Vaillancourt s’est classée 7e sur 4500 participantes à un concours pour une chaîne de vêtements taille forte aux États-Unis. Elle a ensuite posé pour le calendrier 2014 Rondes et jolies et les contrats de mannequins se sont multipliés.

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SEPT-ÎLES  |  Une mannequin taille plus qui s’est déjà rendue malade pour plaire affirme avoir été détruite par les commentaires des autres sur sa taille et refuse maintenant les stéréotypes.

La mannequin Joëlle Vaillancourt a tenté depuis sa jeunesse de plaire aux autres à coup de régimes et d’entraînement intensif. Au point de s’en rendre malade.

Elle tente maintenant d’aider les jeunes filles qui vivent de l’intimidation en raison de leur poids en leur racontant sa vie dans un blogue ou lors de conférences.

«Je suis un monstre hideux. Chaque partie de mon corps renferme de la honte – celle d’avoir échoué pour une énième fois. Je me sens prise dans une enveloppe qui n’est pas mienne. Prise dans une peau, prise dans une couche graisseuse dont je voudrais me débarrasser là, maintenant. Je suis à ce bourrelet d’être désirable ou deux d’être acceptable», écrit-elle dans un blogue.

En 2013, Joëlle Vaillancourt s’est classée 7e sur 4500 participantes à un concours pour une chaîne de vêtements taille forte aux États-Unis. Elle a ensuite posé pour le calendrier 2014 Rondes et jolies et les contrats de mannequins se sont multipliés.
Photo Courtoisie, Chloé B

Enfance difficile

Comme pour plusieurs jeunes obèses, l’enfance n’a pas été facile pour la femme de 27 ans. «J’ai vécu beaucoup d’intimidation. J’étais la plus grande et la plus grosse de ma classe jusqu’au secondaire. J’étais très gênée, une cible facile pour les moqueries», se souvient Joëlle Vaillancourt.

Elle s’est lancée dans les régimes et l’entraînement sportif à outrance. «Jusqu’à me rendre malade. Tout le monde me félicitait sans savoir. Mais, je vivais une grande détresse, tourmentée par mon image corporelle. J’ai décidé de consulter et de faire une thérapie.»

Après avoir perdu près de 70 lb, elle a constaté qu’elle n’était pas plus heureuse.

«C’est là que j’ai compris l’impact du poids sur l’estime que l’on a de soi-même. Être belle et se sentir belle sont deux choses différentes.»

Ironiquement, elle gagne aujourd’hui sa vie avec son corps comme mannequin.

Attention aux moqueries

Mme Vaillancourt dénonce dans son blogue une culture du dénigrement de la diversité corporelle. «C’est devenu commun dans la société de calculer son poids et de mettre le focus sur son image. C’est un travail quotidien, l’estime de soi. Nous sommes confrontés chaque jour à plus de 300 images médiatiques qui nous font croire qu’on n’est pas à la hauteur.»

Elle invite les Québécois à prendre conscience du vocabulaire qu’ils utilisent et à l’impact des mots.

Joëlle Vaillancourt croit qu’il est en général néfaste de vouloir contrôler son poids. Si on ose lui demander combien elle pèse, elle répond qu’elle a jeté sa balance il y a deux ans et que son poids est stable depuis qu’elle est bien dans sa peau.