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Les changements climatiques menacent la 132

Des experts croient qu’il faudra un jour penser à déménager la route

route 132
Photo courtoisie Les hautes marées jumelées avec une tempête ont abîmé la route 132 en Gaspésie la semaine dernière entre Sainte-Anne-des-Monts et L’Anse-Pleureuse.

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SAINTE-ANNE-DES-MONTS | Les dommages causés à la route 132 en Gaspésie la semaine dernière pourraient se multiplier avec les changements climatiques et réparer des tronçons après chaque tempête ne suffit plus, croit une chercheuse indépendante en risques côtiers et changements climatiques.

Plusieurs morceaux de la route 132 ont été emportés par le fleuve dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, sur un tronçon de 60 kilomètres en Gaspésie, suite à une tempête survenue durant un épisode de grandes marées.

De plus en plus d’experts pensent qu’il faudra éventuellement déplacer la route ou améliorer sa protection.

«La stratégie du ministère des Transports est toujours de réparer d’année en année. Ils ont fait des efforts pour solidifier, mais on voit bien que ce n’est pas suffisant», affirme Ursule Boyer-Villemaire, consultante en environnement.

Les risques que de tels événements se reproduisent se multiplieront avec l’augmentation du niveau marin et la réduction de la protection de glace, causés par les changements climatiques.

Intervention globale

«Il faudrait une intervention globale, mais par définition ça prend du temps et ça coûte cher. On donne à la pièce, on met des patchs. Est-ce que la solution c’est de repenser complètement le transport dans ces coins-là? Là, vous entrez dans toute une dimension politique», croit Claude Villeneuve, professeur titulaire à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et spécialiste des changements climatiques.

Changer de stratégie

Les murets de béton et l’enrochement ne suffisent plus à protéger certains tronçons de la route 132 en Gaspésie. «Les ingénieurs sont peu nombreux au Québec à s’intéresser et à offrir des mesures alternatives à l’ingénierie traditionnellement rigide pour le domaine côtier», déplore Ursule Boyer-Villemaire.

Tous s’entendent pour dire qu’il faut des solutions à long terme au sujet de cette route qui est un joyau touristique.

«Si on parle de déplacer la route, ce serait des investissements majeurs qui toucheraient l’ensemble du Québec. Tout le monde doit se parler et la réflexion doit être complète», croit la spécialiste.

Des solutions rapides

De son côté, le député de Gaspé Gaétan Lelièvre va réunir tous les ministères concernés en 2017.

«Là, on frappe un gros dossier. Il faudra trouver des solutions innovantes. La situation, elle est connue et reconnue de la part de l’appareil gouvernemental, mais ce qui fait hésiter de prendre le taureau par les cornes, ce sont les coûts extrêmement élevés», croit Gaétan Lelièvre.