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Il poursuit le rêve de son fils et sa femme décédés en Équateur

Le père et la fille ont survécu au séisme d’avril qui avait décimé la moitié de leur famille

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1-Jennifer Mawn (à gauche) et Arthur (troisième à partir de la gauche) ont péri lorsque la maison familiale s’est écroulée. Seuls le père, Pascal Laflamme, et sa fille, Laurie-Ann, ont survécu. 2 et 3 - La maison des Laflamme avant et après le séisme qui a frappé l’Équateur en avril dernier.
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1-Jennifer Mawn (à gauche) et Arthur (troisième à partir de la gauche) ont péri lorsque la maison familiale s’est écroulée. Seuls le père, Pascal Laflamme, et sa fille, Laurie-Ann, ont survécu. 2 et 3 - La maison des Laflamme avant et après le séisme qui a frappé l’Équateur en avril dernier.

Six mois après avoir vu la moitié de leur famille être décimée lors du séisme dévastateur en Équateur, un père et sa fille ont décidé de retourner y vivre pour achever leur projet immobilier de rêve mis en branle avant le drame.

L’histoire de Pascal Laflamme a ému tout le Québec le 16 avril dernier, lorsque la terre a tremblé en Équateur. Le Québécois y vivait avec sa femme, son fils et sa fille au deuxième et au troisième étage d’un bâtiment qui s’est complètement aplati.

Pascal et sa fille Laurie-Ann ont survécu à ce séisme meurtrier d’une magnitude 7,8 sur l’échelle de Richter. Mais, parmi les 671 morts ce jour-là, il y avait Jennifer Mawn, 37 ans, et Arthur Laflamme, 12 ans. Pascal et Laurie-Ann ont eu le malheur de les voir et de les entendre mourir. «J’y pense tout le temps», indique Pascal. Lui et sa fille, c’est un miracle s’ils sont toujours vivants.

Retour aux sources

Après un séjour au Québec à la suite du drame afin de se remettre sur pied et passer du temps avec la famille, le duo a pris la décision de retourner vivre en Équateur et de poursuivre le projet immobilier mis en branle avant le séisme.

«C’est difficile à expliquer. Lorsqu’on est parti de l’Équateur, ç’a été un dur coup. La plupart des gens qui étaient autour de nous croyaient qu’on ne reviendrait jamais plus», explique Pascal, joint au téléphone. «On était parti avec le droit de revenir».

Lui et sa fille sont résilients. Malgré les plaies toujours béantes, ils sont certains d’avoir pris la bonne décision.

«Aujourd’hui, c’est là que je vois ma vie de retraité, entre guillemets. Ça sera toujours un peu ma deuxième maison», explique l’homme. Sa motivation lui vient aussi de la résilience des Équatoriens, qui sont formidables et généreux.

Retrouver la paix

Chaque matin, lorsqu’il fait son jogging sur la plage, il s’arrête devant l’océan pour penser à Jennifer et Arthur. Le deuil est difficile. «Mais, la vie est en une longue période d’adaptation», soutient Pascal.

«Lorsqu’on est revenu, je me suis donné le droit de penser que c’était un projet de famille. Mais, c’est vraiment quelque chose qui est en dedans de moi, qui était intrinsèque. Je trouve un peu la paix ainsi», explique le père de famille qui participe également à la construction d’un gigantesque terrain de golf.

Il n’exclut pas de revenir un jour au Québec pour les études de sa fille. «Elle est ma priorité. C’est vraiment ce qu’il y a de plus important pour moi. C’est la seule chose qui est importante, dit-il. Le reste, où tu habites, ta maison, ton travail, tout ça, ça se remplace. Ta fille, ça ne se remplace pas. Je l’ai appris à la dure».

Un séisme majeur

  • Épicentre près de la ville de Muisne
  • Magnitude de 7,8
  • 671 morts et 6270 blessés
  • 29 067 sans-abri
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