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Notre Bureau d’enquête fait bouger les choses

Des matières toxiques fuyaient de ce terrain à Bécancour.
Photo d'archives Des matières toxiques fuyaient de ce terrain à Bécancour.

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Encore une fois en 2016, les reportages des journalistes de notre Bureau d'enquête ont fait bouger les choses. Des pharmaciens qui versaient des avantages discutables aux résidences pour personnes âgées ont été mis au pas. Le gouvernement a été forcé d'intervenir dans des dossiers de terrains contaminés. Le ministre de l’Environnement David Heurtel a même ordonné une enquête sur son propre ministère.

 

Des sites contaminés pris en main

 
Hugo Joncas
Bureau d’enquête
 

Les BPC de Pointe-Claire

Depuis 2013, notre Bureau d’enquête multiplie les révélations sur l’un des pires cas de contamination aux BPC au Québec, le site Reliance, à Pointe-Claire.

En janvier 2016, nos tests ont démontré, pour la première fois, que les BPC s’étaient répandus vers l’est et pollué les lots des entreprises voisines. La firme qui détient le terrain, liée au grand groupe immobilier Olymbec, refusait de le décontaminer.

Après notre reportage, le ministre de l’Environnement a pris les grands moyens pour forcer le nettoyage du site et a finalement envoyé une ordonnance de décontamination à Juste Investir, la compagnie coquille qui le détient.

Un terrain « décontaminé » toujours contaminé

En juin, notre Bureau d’enquête expliquait comment une série d’entrepreneurs au passé trouble s’étaient vendu et revendu une compagnie à numéro détenant la vaste friche industrielle Jenkins, dans Lachine. 

Le dernier des entrepreneurs ayant détenu le terrain, le roi du taudis Robert Sebag, aurait fait décontaminer le terrain, avant de le revendre à Catania, en 2013.

Après notre enquête, le directeur général de l’arrondissement a fait faire des expertises 

supplémentaires avant de donner son accord à la construction des 600 unités de la première phase du VillaNova, le projet de Catania.

Résultat: le terrain, loin d’être propre, serait toujours contaminé. Sans notre Bureau d’enquête, l’arrondissement n’aurait découvert cette pollution que beaucoup plus tard, au moment de la livraison des habitations.

Les BPC de La Baie, en plein centre-ville

En 2014, notre Bureau d’enquête révélait que La Baie était poursuivie pour une fuite de BPC sur le toit de son prestigieux magasin de la rue Sainte-Catherine, en plein centre-ville de Montréal.

Deux ans plus tard, le détaillant écope d’une amende record pour contamination aux BPC. La Baie devra payer 765 000 $ pour avoir laissé s’échapper 146 kg de ces huiles toxiques.

Le ministre enquête sur son propre ministère

En novembre, le ministre de l’Environnement dit avoir appris dans notre reportage qu’un site industriel a laissé s’échapper 184 000 tonnes de matières toxiques, à Bécancour. Son ministère avait pourtant de l’information sur ce vaste terrain ultra-contaminé depuis 2004.

Devant le tollé, David Heurtel a retiré le dossier à sa direction régionale et confié la surveillance du terrain directement à sa sous-ministre.

Le ministre a aussi confié à un autre ministère (Travail, Emploi et Solidarité sociale) la tâche de mener une enquête pour savoir ce qui a cloché dans la gestion de cette catastrophe environnementale.

L’industrie pharmaceutique ébranlée

 
Éric Yvan Lemay
Bureau d’enquête
 

Le roi de la pharmacie déchu

Jonathan-Yan Perreault, surnommé le roi de la pharmacie, a connu une année difficile à la suite d’une série d’articles de notre Bureau d’enquête. Celui qui détenait 40 pharmacies, dont plusieurs par le biais de prête-noms, a été radié provisoirement en juin dernier.  

<b>Jonathan-Yan Perreault</b><br />
Pharmacien
Photo courtoisie
Jonathan-Yan Perreault
Pharmacien

Avec l’aide de la haute direction d’Uniprix et du grossiste McKesson, il avait créé un véritable petit empire de la pharmacie en seulement six ans. Nous avons notamment révélé qu’il touchait des ristournes atteignant 50 % sur certains médicaments.

Il a depuis dû se retirer de ses pharmacies en plus d’entrer en thérapie pour ses problèmes de consommation de narcotiques. 

Fini les avantages dans les résidences

Les pratiques de certains pharmaciens qui sont prêts à tout pour desservir des résidences pour aînés ont été mises en lumière par notre Bureau d’enquête. 

Certains possèdent des dépanneurs par le biais de proches, fournissent des équipements ou même de l’argent comptant aux propriétaires de résidences. Ils s’assurent d’avoir ainsi la priorité pour desservir cette lucrative clientèle dont la plupart ont recours au pilulier. 

Trois semaines après la publication de nos reportages en octobre, le ministre de la Santé Gaétan Barrette a proposé des amendements au projet de loi 92. Il est désormais interdit à un fabricant, grossiste, pharmacien ou intermédiaire d’octroyer un quelconque avantage à l’exploitant ou un employé d’une résidence.

Des amendes aux fabricants de médicaments

Les programmes de conformité mis en place par certains grossistes et fabricants de médicaments pour favoriser certains produits seront davantage surveillés. Des amendes allant jusqu’à 1 M$ pourront être imposées à ceux qui versent des avantages aux pharmaciens pour privilégier un médicament.

Ces programmes de conformité ont mené à un règlement confidentiel entre la RAMQ et le grossiste McKesson en 2013. Ce dernier a accepté de verser 40 millions $ pour avoir mis en place un programme avec les pharmaciens de la bannière Proxim. 

Plus tôt cette année, notre Bureau d’enquête révélait également qu’une enquête avait été ouverte concernant un programme semblable chez Uniprix.