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Tempête du 30 décembre: Réfugiés climatiques sur la Côte-Nord

La tempête du 30 décembre pourrait forcer des départs

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Photo courtoisie David Tancrède La tempête du 30 décembre qui a détruit les berges sur la Côte-Nord pourrait inciter les autorités à forcer certains citoyens riverains à déménager.

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SEPT-ÎLES | La violente tempête qui a déferlé sur la Côte-Nord et détruit plusieurs résidences pourrait mener des citoyens à devenir des réfugiés climatiques.

Les scientifiques prédisent que les changements climatiques pourraient amener plusieurs fortes tempêtes comme celle du 30 décembre d’ici 2050 et qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas reconstruire les résidences aussi près de la rive. Les citoyens riverains pourraient donc être forcés de déménager.

Les scientifiques du consortium Ouranos, chargés d’identifier les risques liés aux changements climatiques au Québec, ont prédit ce genre de catastrophe en publiant trois études sur l’érosion des berges du Saint-Laurent en juin 2016.

«Il faut les sciences, mais souvent, ça prend des événements désolants pour forcer une réflexion», selon le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque.

La tempête du 30 décembre a nécessité l’évacuation de 45 familles à Sept-Îles et Port-Cartier.

La Ville de Sept-Îles a reçu en 2009 une étude qui confirme de forts risques d’érosion d’ici 2050 pour plusieurs zones riveraines comme la rue des Campeurs, qui s’est transformée en rivière à débris vendredi dernier.

Choix de société

«Personne n’est surpris de ce qui est arrivé dans le milieu scientifique. Les glaces (qui protègent les berges) ne sont plus prises sur la rive en décembre et janvier. Elles ont déjà diminué de moitié avec les changements climatiques. La glace se mêle à l’eau et aggrave l’érosion», explique le directeur d’Ouranos.

Alain Bourque espère que les autorités et les citoyens riverains vont réfléchir à des solutions avec une vision à long terme. Il estime que pour sauver une propriété de 80 000 $ en bordure du fleuve, ça va coûter 10 fois sa valeur.

L’enrochement des berges préconisé par certains ne fait que déplacer le problème. «Je ne voudrais pas être le voisin de celui qui érige un mur d’enrochement. Ça devient un choix de société. Il faut sortir du monde des zones à risque», affirme monsieur Bourque.

S’éloigner des berges

Pour le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, cette réflexion est bien amorcée. Il remarque que sa ville vient de vivre une bombe météo avec la combinaison d’une marée haute, de vents violents et de baisse de pression atmosphérique.

«Ça ne reviendra pas chaque semaine, mais il faut réfléchir aux bonnes solutions», déclare le maire Porlier. Il craint que plusieurs riverains oublient vite la tempête et choisissent de rester à proximité du magnifique paysage maritime.

Le maire a discuté hier avec le cabinet du ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux. Des spécialistes du Ministère ont rencontré cette semaine tous les sinistrés de la Côte-Nord et évalué la situation dans les zones à risque de Port-Cartier et Sept-Îles.

Huit résidences principales pourraient être classées inhabitables sous peu. Le gouvernement offre 158 000 $ pour relocaliser une maison dans un endroit sécuritaire.

Près de 2000 bâtiments à risque

  • Les coûts de l’érosion côtière dans l’est du Québec sont évalués à 1,5 milliard de dollars.
  • 52 % des 6000 kilomètres de rive du Saint-Laurent seront touchés par l’érosion d’ici 2060.
  • 294 kilomètres de routes et 26 kilomètres de chemin de fer se trouvent en zone à risque dans l’horizon 2050.
  • L’érosion met en danger 1810 bâtiments et terrains valant 189,5 millions $ sur la Côte-Nord seulement.
  • Les études scientifiques ne comptent pas les impacts indirects sur la santé, l’économie ou le tourisme.

Source Ouranos