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Traité «d'ostie de chinetok» l'animateur Jean-Simon Bui répond à un détracteur

L'animateur Jean-Simon Bui.
PHOTO COURTOISIE L'animateur Jean-Simon Bui.

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Inspiré par notre chroniqueur Michel Hébert qui a donné une volée de bois vert aux trolls mercredi, l’animateur et journaliste au FM93, Jean-Simon Bui, a dénoncé l’intimidation raciale qu’il a subie.

Le jeune homme, dont le père est un réfugié de guerre vietnamien, est né à Québec. Ses traits asiatiques lui ont toutefois attirés les propos racistes d'un auditeur qui n’était pas d’accord avec son opinion exprimée en ondes.

«Est-ce que vous allez me croire si je vous dis que, depuis hier (mercredi), j’ai reçu trois messages racistes? C’est incroyable quand même! Un qui a dit: “Le petit Chinois ne connaît rien” une affaire de même. Ça, déjà, je suis capable de le relativiser. C’est épais, c’est cave, c’est sans dessein. Mais le terme “Ostie de chinetok” ça, c’est du racisme pur et simple», a-t-il pesté jeudi.

Jean-Simon Bui dit surtout avoir eu du mal à digérer le terme «ostie de chinetok» puisqu’il a ravivé de douloureux souvenirs.

«Ma première journée au primaire, je suis en maternelle, c’est le fun, c’est l’école... Mais il y a deux grandes filles de sixième année qui se tournent vers moi dans le banc d’autobus: “Toi mon ostie de chinetok, tu as des petites sœurs?” “Oui, j’en ai une” “Ok, on va la tuer parce que c’est une ostie de chinetok comme toi”. Je suis revenu de ma première journée d’école en pleurant à la maison, en demandant à ma mère ce que ça voulait dire “ostie de chinetok” et pourquoi il y avait des gens qui m’avaient insulté comme ça. J’ai vécu ça pendant une bonne partie du primaire parce que, malheureusement, au moment où j’y allais, il y avait assez peu de minorités ethniques visibles. J’étais tout seul. Le seul qui n’était pas 100% Québécois, c’était moi.»

L'animateur dit apprécier recevoir des courriels «constructifs», mais estime que ce commentaire a dépassé les bornes.

«Il n’y a pas grand-chose qui m’affecte en ondes, mais je me souviens clairement du segment où j’étais. J’étais en train de parler, j’ai perdu mon idée, j’ai cherché mes mots pendant deux-trois secondes. Tu sens une boule. Tu sens ton sang qui bouille. Ce n’est pas ton habillement, ce n’est pas ta coupe de cheveux. Ce n’est pas le fait que tu es mal rasé. C’est quelque chose qui fait partie de ton identité propre, de ton ADN. [...] Alors, quand quelqu’un vient me dire ça, ben félicitations d’abord! Tu réussis à me faire mal. Tu me plantes un couteau», a-t-il décrié.

Jean-Simon Bui a cru bon réciter une «lettre d’amour» à son détracteur nommé Ghislain, un peu comme l’a fait notre chroniqueur Michel Hébert avec les trolls sur internet.

Voici son contenu:

Mon beau Ghislain,

Quand tu m’envoies tes mots doux, je te vois dans ma tête.

Ta belle bedaine de bière bien entretenue, ton haleine puante de robine. Ta vieille camisole tachée et trouée.

Tes nombreuses tentatives infructueuses d’envoyer des messages indécents à des femmes que tu dégoûtes par ta vulgarité incessante.

Je te souhaite de sortir de ta triste solitude en 2017 et de pogner une maudite bonne indigestion dans un buffet tenu par des asiatiques comme moi.

Avec amour,
Ton ostie de Chinetok

Écoutez l’extrait intégral