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Il poursuit CIMA+ pour 2,7 M$

Arrêté en 2013, Louis Farley dit avoir agi «au bénéfice de la firme» à Laval

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Photo Agence QMI Louis Farley était «estomaqué» d’apprendre qu’il ne pourrait pas revenir chez CIMA +, fin 2014, selon sa poursuite.

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Un ancien vice-président de la firme de génie CIMA + ne digère pas de s’être fait montrer la porte après son arrestation pour fraude et corruption à Laval en 2013. Louis Farley assure qu’il a toujours agi «au bénéfice de la firme» et la poursuit pour 2,7 M$.

En mai 2013, l’Unité permanente anticorruption a arrêté l’ingénieur pour son rôle dans le système de corruption à Laval, avec 36 autres personnes, dont l’ancien maire Gilles Vaillancourt.

Les accusations tombaient au pire moment pour CIMA +, alors en plein processus d’autorisation de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour obtenir des contrats publics.

Farley a donc accepté «de se retirer temporairement» pour «avantager» sa firme, affirme sa poursuite, déposée en novembre. CIMA + l’a alors muté en Alberta.

Selon sa requête, le président de CIMA + à l’époque, Kazimir Olechnowicz, a cependant promis à l’ingénieur qu’il pourrait revenir «dès que l’autorisation de l’Autorité serait obtenue, ce qui était prévu pour le mois de janvier 2014».

Mais l’AMF ne l’entendait pas ainsi. Fin 2014, son président aurait fait comprendre à Farley que l’organisme ne laisserait jamais CIMA + soumissionner sur les contrats publics s’il revenait.

Selon l’ingénieur, son cabinet l’a alors «sacrifié» sans indemnisation «juste et équitable», alors qu’il fait déjà l’objet d’accusations criminelles pour avoir agi dans l’intérêt de CIMA + à Laval.

Paiement de 1,55 M$

Lors de son départ, fin 2014, CIMA + a payé 1,55 M$ à Farley, notamment pour racheter ses parts du cabinet. Trop peu, selon l’ingénieur, qui exige 2,70 M$ de plus dans sa poursuite.

«En effet, au tournant de la cinquantaine, le demandeur Louis Farley, associé dans l’un des plus importants bureaux d’ingénieur du Québec, pouvait espérer réaliser des gains importants jusqu’à sa retraite», mentionne la requête.

Le document souligne qu’un autre ingénieur de CIMA + qui figurait parmi les 37 accusés de corruption à Laval, Yves Théberge, a reçu 3,25 M$ quand il a quitté CIMA +.

Farley a été temporairement radié en juillet 2015, mais il a retrouvé le droit de pratiquer le 8 mars dernier.

Le Journal écrivait fin novembre que l’ingénieur tente de faire annuler son procès pour fraude et corruption à Laval en plaidant des délais déraisonnables dans les procédures.

CIMA + a refusé de s’exprimer sur la poursuite. Par la bouche de ses avocats, Louis Farley a refusé de commenter.

 

1 M$ prêté à CIMA +

Dans sa poursuite, Louis Farley affirme qu’il a prêté 1 M$ à CIMA + en septembre 2013, soit quatre mois après son arrestation pour fraude et corruption à Laval.

«Cette somme a été prêtée à CIMA + s.e.n.c. afin d’assurer le financement des activités de CIMA + s.e.n.c.», mentionnent les avocats de l’ingénieur.

La poursuite ne mentionne pas si son ancienne firme lui a totalement remboursé ce montant ou non.