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À la recherche de ses parents biologiques

Un homme a découvert qu’il avait un frère jumeau alors qu’il voulait en savoir plus sur ses origines

Gilles Olivier
Photo Pierre-Paul Poulin «Avant la croix, je parlais dans le vide. Mais depuis, quand je mets ma main sur le dessus de la croix, c’est comme si je mettais ma main sur sa tête et que je lui parlais», s’émeut Gilles Olivier, qui a appris en 2014 l’existence de son jumeau.

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Un homme de Longueuil à la recherche de ses parents biologiques a eu tout un choc en découvrant l’existence de son frère jumeau, décédé quelques jours après leur naissance. Âgé de 67 ans, il continue aujourd’hui sa quête de réponses pour ce frère qui a changé sa vie.

Gilles Olivier n’a amorcé ses recherches qu’en 2014, notamment après le décès de ses parents adoptifs. «J’ai eu de bons parents adoptifs et j’ai toujours considéré que le plus beau coup de cochon que j’aurais pu leur faire, c’était de chercher mes parents biologiques de leur vivant», expli­que le résident de Longueuil.

Un frère inconnu

Né à la crèche Saint-Vincent-de-Paul en juillet 1949, il s’est tourné vers le Centre jeunesse de Québec et le Mouvement retrouvailles pour mettre la main sur son dossier. Sans obtenir beaucoup d’informations sur ses parents, il a fait une découverte qui l’a plongé dans des questionnements encore plus profonds.

«C’est encore un choc deux ans plus tard. Quand, à 64 ans, on cherche ses parents biologiques, on peut s’attendre à ce qu’ils soient décédés. Mais de là à apprendre que tu as un frère jumeau qui est mort à quatre jours, celle-là, je l’ai trouvée tough en maudit», confie M. Olivier en laissant échapper quelques sanglots.

Porté par ce lien très fort qui unit des jumeaux, Gilles Olivier a visité Joseph-Luc au cimetière Belmont, où il a été enterré dans une fosse commune, sans monument. Il y a depuis installé une croix pour sortir son frère de l’anonymat où ont été enterrés des centaines d’enfants décédés peu après la naissance comme lui ou mort-nés.

Évoquer des souvenirs

Cette découverte a rendu sa quête de réponses encore plus importante à ses yeux, lui qui continue pour la mémoire de son frère. Il souhaite que son histoire puisse évoquer des souvenirs à des gens qui auraient pu côtoyer sa mère biologique, qui aurait 90 ans aujourd’hui.

«Peut-être que des personnes toujours bien portantes vont lire mon histoire et se rappeler quelque chose», espère Gilles Olivier, porté jour après jour par l’espoir d’en apprendre plus. «J’espère qu’avant de partir je vais pouvoir les connaître, qu’ils soient décédés ou non.»

Il souhaite également que des parents biologiques comprennent par son témoignage l’importance qu’ils ont pour leurs enfants inconnus. «C’est mon vœu le plus cher pour 2017. Je pense que c’est au tour des parents biologiques de sortir du placard», souligne M. Olivier.

La Crèche Saint-Vincent-de-Paul en chiffres

  • Inaugurée le 4 août 1901
  • Fermeture le 27 décembre 1972
  • 38 672 enfants accueillis
  • 26 276 adoptions
  • La mortalité infantile sur place était de 30 % en 1930

Source: Inventaire du Patrimoine immatériel religieux, Chaire de recherche du Cana­da en patrimoine ethnologique.