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Du papier recyclé renforcerait le pavé

Appliqué sur une route en Mauricie, ce procédé coûteux peut prolonger la durée de vie du bitume

route en papier
Photo Courtoisie MTQ Un enrobé contenant de la fibre de cellulose a été appliqué sur la route 359 à Saint-Narcisse en Mauricie.

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TROIS-RIVIÈRES | Le ministère des Transports fait actuellement des tests sur de l’asphalte contenant de la fibre de papier recyclé, ce qui pourrait absorber une quantité de bitume plus importante et ainsi améliorer la durabilité des routes.

Sur la route 359, à Saint-Narcisse, en Mauricie, deux sections d’asphalte totalisant 1,2 km et contenant une partie de papier recyclé sont soumises à leur premier hiver. Le test est important, car l’enjeu derrière la fibre végétale sur les routes est de permettre une meilleure résistance aux variations de température.

Ça marche en Europe

La fibre du papier recyclé permet d’absorber une plus grande quantité de bitume dans le mélange, ce qui vient en améliorer la durabilité. Le concept a fait ses preuves ailleurs dans le monde, entre autres au nord de l’Europe et des États-Unis.

«Plus on augmente la teneur en bitume dans un enrobé, meilleur est le rôle d’élastique avec le gel-dégel», explique la chargée de projet ingénieure au ministère des Transports Louise Boutin.

Les enrobés standards sur nos routes contiennent en moyenne un taux de bitume de 5,3 %, la cellulose (fibre végétale) dans les mélanges pourrait faire passer le taux à 5,8 %, tout en gardant la bonne texture de mélange.

«Dans le monde des enrobés, on est content! Ce n’est pas grand-chose à première vue, mais oui, ça peut faire tout un monde de différence», explique Mme Boutin.

Coûts

Il est toutefois certain qu’augmenter la teneur en bitume dans un mélange aurait un impact à la hausse sur le prix des enrobés. Le Ministère ne fixe pas les coûts, mais on estime que la hausse pourrait se chiffrer entre 15 et 25 %.

«Il faut voir ça à long terme. Oui, on vient injecter une teneur en bitume plus élevée, donc un coût plus élevé, mais si l’enrobé dure 3-4-5 ans plus longtemps, lorsqu’on rapporte ça à un coût annuel, c’est peut-être quelque chose qu’il faut vraiment prendre en considération», explique Mme Boutin.

Pas pour demain

Les planches d’essais du ministère des Transports sont normalement évaluées pendant quatre ou cinq ans avant de rendre un verdict définitif sur la qualité d’un nouveau produit et éventuellement de le recommander.

Ce n’est donc pas demain matin que l’on verra des routes avec du papier recyclé partout.