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Plaisirs d'hiver à la montagne

1962

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Avant Après
Photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Patin au Mont Royal, 1962, VM6-Y-2_32-006
Photo Pierre-Paul Poulin

Du patin sur le lac aux Castors

Photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Patin au Mont Royal, 1962, VM6-Y-2_32-006

Entourant la jeune patineuse, cette petite famille l’encourage à prendre ses premiers élans sur la patinoire du lac aux Castors. Ce n’est pas d’hier que les Montréalais patinent. En 1760, le général Amherst envoya deux patineurs sur le fleuve gelé porter un message urgent à James Murray, à Québec. Ils atteignent leur but en 18 heures. Exténué, l’un d’eux décéda. Popularisés par les militaires britanniques vers 1840, les premiers patins se fixaient à même les chaussures. Pour accueillir un nombre grandissant de patineurs, la Ville de Montréal a installé des patinoires extérieures dans les parcs chaque hiver dès 1900. Au mont Royal, il a fallu attendre l’installation d’un lac artificiel en 1938. Les chômeurs engagés par les travaux publics creusèrent le bassin à la pelle et trouvèrent une hutte de castors vieille de 11 000 ans! Sur ce lac en forme de trèfle dessiné par l’architecte paysagiste Frederick Todd, les Montréalais viennent toujours patiner au son de musiques d’hier et d’aujourd’hui.

Un pavillon moderne

Photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Patin au Mont Royal, 1962, VM6-Y-2_32-006

Depuis le balcon du pavillon du lac aux Castors, quelques Montréalais regardent les pirouettes des patineurs. Dans les années 1950, le parc du mont Royal entra dans une ère de modernité. La Ville de Montréal déci­da de raser le vieux kiosque en bois situé au bord du lac aux Castors pour en construire un plus spacieux. L’architecte expérimenté Hazen

Edward Sise, aidé de son jeune assistant Guy Desbarats, dessina alors un pavillon doté d’un toit en béton en forme d’éventail et de terrasses pano­ramiques. Pour adoucir l’aspect froid du ciment, l’intérieur fut agrémenté de fines lattes de bois et de grandes baies vitrées donnant sur le lac. Inauguré en 1958, c’est un des premiers exemples d’architecture moderne dans le Québec d’après-guerre. Depuis, les visiteurs du parc viennent y louer et enfiler les patins, skis et raquettes, prendre une collation et se reposer un brin. Point de ralliement pour nombre d’activités hivernales offertes par les Amis de la montagne, le pavillon du lac aux Castors est un incontournable du mont Royal.

La glissade en toboggan

Photo Courtoisie des Archives de la Ville de Montréal, Glissade au Mont Royal, 1967, VM94-A0486-001

En toboggan, cette fillette dévale la pente à vive allure vers la rive gelée du lac aux Castors. Fabriqué par les Amérindiens pour le transport hivernal, le toboggan connaît au 19e siècle un nouvel usage: la glissade! Un beau dimanche de février 1860, La Gazette de Montréal raconte qu’une quarantaine d’enfants descendaient la côte enneigée du Beaver Hall sous les exclamations des piétons et devant les chevaux apeurés. Les toboggans des jeunes amateurs de vitesse furent aussitôt saisis par la police! Loin de la circulation, la glissade s’immisça aussi dans les parcs. Trois rampes en bois du «Toboggan Club» furent inaugurées sur le mont Royal dès 1879, dont, en 1884, celle de la colline située à l’est de l’actuel lac aux Castors. Devenant une attraction considérable lors du carnaval d’hiver, des rampes semblables furent aménagées dans chaque quartier. Bien que celle du mont Royal ait disparu en 1925, la scène est pres­que identique de nos jours... hormis pour les toboggans, remplacés depuis par des bolides plus légers.

* Pour en savoir plus sur les activités hivernales offertes par les Amis de la montagne, consultez leur site internet