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Séoul glorieuse et malheureuse

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Autant je vous ai parlé de la Corée du Nord et de sa grisaille perpétuelle, tout en reconnaissant les qualités de son peuple, notamment son intelligence scientifique et sa volonté acharnée d’appartenir au concert des grands, autant la Corée du Sud est plus bruyante, plus libre dans ses ­manifestations, mais quand même soumise à une démocratie capitaliste autoritaire.

Le peuple au Sud ne meurt pas de faim, mais il se brûle à l’ouvrage. L’école dure 300 jours. Le taux de suicide est astronomique. De l’extérieur, la Corée du Sud ­impressionne en raison de ses géants de l’électronique comme Samsung et de l’automobile­­ comme Hyundai, de la chimie­­, des chantiers navals, etc. Cette nouvelle puissance technologique va jusqu’à­­ faire de l’ombre au Japon, son éternel ennemi! Par ailleurs, la seule chose­­ qui unisse le Nord communiste et le Sud capitaliste, c’est la haine du Japonais et le souvenir amer des années d’occu­pation sous la ­botte des Nippons qui se montraient d’une incroyable cruauté.

Dans ce pays de contrastes déroutants pour l’étranger, tout le monde festoie joyeusement à la mode européenne pour le jour de l’An ou Noël, puis, le lendemain, des milliers de gens réclament le départ des troupes américaines (avec ses effectifs de 38 000 soldats), dont la Corée du Sud a pourtant besoin pour se protéger de la redoutable armée du Nord. À bien y penser, n’est-ce pas un peu la même chose ici ou en France: on vomit sur les Amé­ricains, mais en les imitant servilement!

Lorsqu’on parle de réunification, les ­Coréens âgés ont la nostalgie de l’unité perdue. Certains caressent le rêve de ­retrouver leurs compatriotes devenus ­ennemis, qui sont parfois des membres de leur famille. Mais chez les plus jeunes, plus cyniques, on invoque le prix à payer qui serait énorme pour aider le Nord ­«attardé» à se rattraper, comme ­l’Allemagne de l’Ouest a dû le faire avec l’Est au lendemain de la chute du mur.