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Un pays où il neige encore

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Cela faisait un bon moment que l’on y pensait. La luxueuse auberge des Chic-Chocs, perchée à 615 mètres d’altitude au cœur des montagnes de la réserve faunique de Matane, nous faisait rêver. Mais encore fallait-il s’y rendre. Après l’étude de quelques scénarios, nous optons pour la formule de transports en commun. Départ à 5 h 30 en autobus Voyageur, arrivée à Cap-Chat en fin d’après-midi et montée vers l’auberge en véhicule à chenilles. C’est ici que commence la véritable aventure.

Nous arrivons à destination à temps pour le repas du soir. Après une courte visite des lieux en compagnie de l’un des guides de montagne – ces derniers, triés sur le volet, adorent leur auberge et sont visiblement fiers de nous la présenter – nous passons à la salle à manger pour un souper 5 étoiles, composé de produits ­locaux, ainsi qu’un peu de jasette avec les autres convives. Ces derniers sont ­surtout québécois, mais un couple de Français en voyage au Québec sont venus pour faire de la raquette. Ce soir-là, ­l’auberge est remplie à pleine capacité et l’on compte 18 convives. Au cours du ­repas – que le Chef partage avec nous –, les guides nous donnent un aperçu des possibilités qui s’offrent à nous pour la journée du lendemain: sortie en raquettes, skis de haute route, skis Méta, spa et farniente; il y en a pour tous les goûts. Pour nous, le choix est clair; nous allons nous initier au ski de haute route. Avant de s’endormir, on regarde la neige qui tombe et nous nous sentons fébriles comme des enfants à la veille de Noël.

De la neige, encore de la neige

Il a neigé toute la nuit et il en sera de même pour toute la durée de notre ­séjour; en ce début de mars, le temps est assez doux. En fait, les conditions hivernales sont idéales. Au matin, après les ­essais d’équipements et une courte formation en plein air sur l’ARVA (appareil de recherche de victime d’avalanche) – dont nous sommes tous obligatoirement équipés – nous entreprenons, en petit groupe, l’ascension facile du «Buton de l’est», en guise d’initiation à la montée sur peaux d’ascension, puis à la descente en neige poudreuse. Rapidement, nous avons la piqûre et pour la journée du ­lendemain, nous serons de l’expédition – un peu plus corsée – vers le Mont 780.

Un panorama à couper le souffle

Nous nous rendons à la base de la ­montagne en motoneiges et chenillettes. Chacun transporte son repas du midi dans un sac à dos; nos guides sont un peu plus chargés: pelles, matériel de survie et de premiers soins, etc. La Sépaq ne ­rigole pas avec la sécurité en montagne! ­Arrivés à la base de la montagne, chacun récupère son matériel et chausse ses skis. En file indienne, nous entreprenons la longue montée. Nous atteignons le sommet en 90 minutes environ. Le ­spectacle est à couper le souffle. Les ­sommets gaspésiens et les conifères ­enneigés s’étendent à perte de vue. Nous sommes littéralement subjugués par ­l’immensité du panorama qui s’offre à nos yeux. Pour la descente, le groupe se scinde naturellement en deux; les plus ­téméraires s’élancent sur un versant ­assez abrupt alors que les plus modérés empruntent une voie plus aisée. Peu ­importe la route choisie, nous sommes au paradis! Les mines réjouies et les conversations animées du soir en sont témoins!

Au dernier jour, nous ne disposons que d’une demi-journée, notre départ étant prévu en début d’après-midi. Nous ­portons alors notre choix sur une sortie en skis Meta (ou skis Hok), hybride entre le ski et la raquette, sur lequel on se ­déplace un peu à la manière du télémark. La technique est un peu plus difficile à maîtriser que celle du ski de haute route mais heureusement, nos guides sont compétents et patients! Après quelques chutes, on comprend la technique et on a un plaisir fou dans la poudreuse qui ­atteint maintenant une épaisseur ­impressionnante. Pour tous, l’heure du départ sonnera beaucoup trop tôt. C’est fourbus mais heureux que nous rentrons à la ­maison le lundi soir. Certains disent qu’une longue fin de semaine à l’Auberge vaut une année sabbatique; ils n’ont pas entièrement tort!