/news/transports
Navigation

40 M$ de moins pour entretenir Champlain

Des économies en coûts d’entretien en annulant ou optimisant les travaux

Pont Champlain barges
Photo d'archives Maintenir l’actuel pont Champlain dans les airs a coûté plus de 84 M$ aux contribuables canadiens l’an dernier, mais c’est tout de même 30 % moins cher que prévu.

Coup d'oeil sur cet article

Au moment où le nouveau pont Champlain va nous coûter 5,5 G$, les travaux pour garder debout la vieille structure ont coûté 40 M$ de moins que prévu l’an dernier, à la surprise de beaucoup de contribuables.

«C’est très surprenant, on n’est pas du tout habitués à des annonces comme ça, tant mieux!» s’est exclamé, ravi, le directeur Québec de la Fédération des contribuables du Québec, Carl Vallée.

«Les contribuables québécois sont habitués à entendre des histoires d’horreur de mauvaise gestion des fonds publics, donc c’est rafraîchissant d’entendre parler de cas de bonne gestion. On souhaite que tous les paliers de gouvernement dépensent avec la même rigueur», a continué M. Vallée.

Selon son rapport annuel 2015-2016, la société des Ponts Jacques-Cartier et Champlain inc. (PJCCI) prévoyait dépenser 393,5 M$ en travaux d’entretien sur l’ensemble des sept structures sous sa responsabilité. Le rapport révèle que ce sont uniquement 215,2 M$ qui ont finalement été utilisés.

Compte tenu du fait que 84 % des travaux prévus par PJCCI ont été réalisés durant cette période, une grande majorité des 178,3 M$ économisés par la société constituent des économies générées par des travaux annulés ou optimisés, ou tout simplement des prix plus bas que prévu, selon la société.

Champlain champion

Malgré ses nombreuses défaillances, c’est le pont Champlain qui a été le champion des économies l’année dernière.

Sur les 127 M$ prévus pour 2015, seulement 84,2 M$ ont été nécessaires pour garder la structure en fin de vie dans les airs jusqu’à l’ouverture du nouveau pont le 1er décembre 2018.

Selon le premier dirigeant de PJCCI, Glen Carlin, cela s’explique principalement par l’expérience accrue des travailleurs qui installent les treillis modulaires pour renforcer la structure, ainsi que par l’annulation de certains travaux qui ne seraient finalement plus nécessaires.

«Les treillis les plus complexes ont été installés il y a quelques années, alors maintenant nos ouvriers ont beaucoup plus d’expérience et peuvent travailler plus rapidement et éviter des problèmes. [...] On a aussi annulé l’installation de fibre de carbone sur la structure pour la renforcer parce que les treillis font amplement le travail, finalement», a expliqué M. Carlin au Journal.

Estacade

Les importantes économies générées lors de la réparation du pont de l’estacade, petite structure qui relie L’Île-des-Sœurs à la voie maritime, ont pour leur part fait sourciller la FCC. En effet, les travaux de réfection du tablier et la construction d’une nouvelle piste cyclable en site propre ont coûté moins de la moitié du prix estimé, soit 27,8 M$ plutôt que 63 M$.

Soulignons que plusieurs membres de la communauté des cyclistes ont vivement dénoncé la qualité de la chaussée de la nouvelle piste cyclable, qui présente plusieurs bosses et donnant l’impression de rouler sur de petites vagues.

«C’est difficile de ne pas se poser des questions sur la qualité des estimations que PJCCI fait avant de lancer un appel d’offres pour des travaux. Une différence de 35 M$, c’est énorme», a analysé M. Vallée.

«La différence [...] provient d’une part de l’évolution de l’ingénierie suite à l’avant-projet et du mode choisi pour la construction des passerelles pour la piste cyclable», qui était finalement plus simple que prévu à l’origine, a commenté la porte-parole de PJCCI, Julie Paquet.